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Structure des exploitations agricoles d’ovins en Occitanie - Agreste Études n°2 - Mars 2021

Filière ovine en Occitanie : volet 1 - Structure des exploitations agricoles d’ovins en Occitanie

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L’Occitanie est la première région ovine française avec 31 % du cheptel national de brebis en 2016. Les 2/3 des exploitations ovines régionales ont un cheptel ovin orienté vers la production de viande. Cependant, la filière laitière est très importante sur les territoires du Massif Central avec l’aire de production de l’AOP Roquefort. La structure des exploitations ovines, notamment leur taille, la composition du cheptel animal et le système fourrager utilisé, se différencie selon l’orientation productive (lait ou viande) et le territoire d’implantation.


Sommaire
- 2/3 des exploitations ovines d’Occitanie ont un cheptel ovin viande
- Des exploitations laitières plus grandes
- Un cheptel herbivore mixte plus fréquent dans les élevages ovin
viande

- Des systèmes fourragers qui se différencient selon l’orientation
productive et le territoire

- LES STRUCTURES ET LES TERRITOIRES DE PRODUCTIONS OVINES
- Le plateau du Massif Central : une SAU plus petite et peu de
surfaces peu productives

- La zone de montagne du Massif Central : des élevages mixtes
(avec bovins) et des systèmes fourragers différenciés entre lait et viande

- Le causse Est du Massif central : des exploitations plus extensives
avec davantage de SAU et de prairies peu productives

- Le causse Ouest du Massif Central : un territoire presque exclusivement orienté viande
- Zone de montagne des Pyrénées : une plus faible SAU et des exploitations spécialisées viande avec des troupeaux mixtes
- Plaine midi-pyrénéenne : principalement des éleveurs ovin viande avec atelier végétal en grandes cultures
- La zone du pourtour méditerranéen : des élevages ovin viande avec présence de cultures permanentes (vignes, vergers)
- Sources et méthodologie
- Pour en savoir plus
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Avec une production de viande d’ovins de 32 000 tonnes équivalent carcasse (tec) et une production laitière de 214 millions de litres en 2016 [1], l’élevage ovin occupe une place de choix dans le paysage agricole d’Occitanie. Elle est par ailleurs la première région ovine française et totalise 31 % du cheptel de brebis national.

La production régionale est essentiellement valorisée sur place grâce à des filières structurées ainsi qu’une grande diversité d’opérateurs locaux : collecteurs, engraisseurs, abatteurs et industrie de transformation laitière. Compte tenu des volumes produits, la production se destine principalement aux marchés nationaux et internationaux.

2/3 des exploitations ovines d’Occitanie ont un cheptel ovin viande

En 2016, l’Occitanie compte 5 500 exploitations agricoles ayant déclaré des ovins pour un cheptel régional de 739 000 brebis laitières et 701 000 brebis nourrices. Parmi ces exploitations, on peut distinguer celles dont le cheptel ovin est principalement composé de brebis laitières (1 960 exploitations considérées comme orientées ovin lait), de celles dont le cheptel est principalement composé de brebis allaitantes (3 540 exploitations considérées comme orientées ovin viande).

Le cheptel de brebis laitières est principalement concentré dans la zone dite du rayon de Roquefort alors que le cheptel brebis allaitantes est plutôt réparti entre Massif Central et Pyrénées. La répartition par départements est la suivante : 72 % du cheptel laitier se situe en Aveyron, 14 % dans le Tarn et 9 % en Lozère ; 26 % du cheptel de brebis allaitantes se situe dans le Lot, 15 % en Aveyron, 11 % dans le Tarn, 9 % dans les Hautes-Pyrénées, le reste du cheptel étant disséminé sur les autres départements (carte 1 et 2).

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Des exploitations laitières plus grandes

Les exploitations ovin lait sont en moyenne plus grandes que les exploitations ovin viande, que ce soit au regard de la taille du cheptel, de la surface agricole utilisée (SAU) ou de la dimension économique des exploitations (figure 1).
Pour les exploitations laitières, le cheptel herbivore [2] médian est de 70 unités gros bovins (UGB), et le cheptel ovin médian est de 410 brebis. Pour les exploitations ovin viande, le cheptel herbivore atteint 41 UGB et le cheptel ovin est de 150 brebis.

La SAU médiane des exploitations ayant un cheptel ovin orienté lait est supérieure de 20 ha à celle dont le cheptel est orienté viande : 84 ha contre 63 ha.
La taille économique des exploitations ovin lait, mesurée par le chiffre d’affaires potentiel via la production brute standard (PBS), est plus importante que pour celles orientées ovin viande. La PBS médiane est de 129 800 euros pour les premières contre 82 200 euros pour les secondes.

figure 1 vignette

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Un cheptel herbivore mixte plus fréquent dans les élevages ovin
viande

La diversité des exploitations ayant un cheptel ovin, comme la mixité du troupeau où la présence d’un atelier végétal, peut être appréhendée par leur orientation typologique Inosys (encadré méthodologique).
Parmi les exploitations ayant un cheptel ovin orienté viande, 38 % sont classés par la typologie Inosys comme des exploitations spécialisées dans l’élevage ovin viande, 36 % comme polyéleveurs avec troupeaux mixtes (ovin – bovin), 17 % en éleveurs polyculteurs et 5 % comme exploitations végétales avec ovins (tableau 1). La répartition Inosys des exploitations ovin lait est la suivante : 58 % sont des éleveurs spécialisés strict ovin lait, 26 % des polyéleveurs avec troupeaux mixtes, 11 % des éleveurs polyculteurs et 5 % des polyéleveurs – polyculteurs.

Presque un éleveur ovin viande sur deux déclare la présence d’autres herbivores dans son élevage contre environ un sur trois pour les éleveurs d’ovins lait. En particulier, les bovins sont davantage présents dans le cheptel herbivore des éleveurs d’ovins viande. Le cheptel herbivore moyen est constitué de 58 % d’ovins, 40 % de bovins et 2 % de chèvres pour les éleveurs d’ovins viande et de 84 % d’ovins,
15 % de bovins et 1 % de caprins pour les éleveurs d’ovins lait.

tableau 1 vignette

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Des systèmes fourragers qui se différencient selon l’orientation productive et le territoire

La surface agricole utilisée (SAU) des éleveurs ovins d’Occitanie est essentiellement composée de prairies et surfaces fourragères, soit environ 80 % quelle que soit leur orientation productive.
Le taux de chargement herbivore, qui mesure une concentration moyenne d’UGB herbivore par hectare de surface fourragère principale (SFP), est un peu plus faible pour les exploitations ovin viande que pour les ovin lait : 0,7 UGB / ha contre 0,9 UGB / ha mais avec de fortes disparités selon les territoires.

Ces disparités sont liées au type de couvert herbager, à la présence de surfaces peu productives et aux pratiques d’élevage de ces territoires.
Le plateau du massif central concentre par exemple les taux de chargement les plus élevés (figure 2) et les zones de plaines méditerranéennes et de Causses Est et Ouest les taux de chargement les plus faibles. Les taux de chargement très hétérogènes observés dans les massifs Pyrénéens sont dû à la non prise en compte des surfaces collectives d’estive dans le calcul de cet indicateur.

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Première région ovin bio de France
La région occupe une place de choix dans la production nationale de lait de brebis bio : 85 % des producteurs de lait bio Français sont implantés en Occitanie [3]. En 2016, 7 % de la production régionale de lait de brebis s’effectue sous un label bio, soit environ 15 millions de litres de lait annuel. La production de lait bio connait une croissance soutenue avec une hausse de 75 % en cinq ans. L’Occitanie est également la première région productrice de viande d’ovin bio et représente 44 % du cheptel bio national [4]. En 2016, 10 % du cheptel régional est conduit en agriculture biologique, soit environ 45 000 brebis viande et 83 000 agneaux.
Par ailleurs, le cheptel ovin bio est en hausse de 50 % sur cinq ans.

Davantage de fourrages annuels, prairies artificielles et temporaires pour les élevages laitiers
Les types de prairies valorisées se différencient là aussi en fonction de l’orientation productive des élevages ovins et leur territoire d’implantation (figure 3).
La SAU moyenne des exploitations d’ovins orientés lait est davantage composée de surfaces en fourrages annuels et de prairies artificielles (14 %) ainsi que de prairies temporaires (20 %). Le cheptel laitier a des exigences alimentaires supérieures à celles du cheptel viande. Les éleveurs produisent alors céréales et fourrages annuels, afin d’optimiser la campagne de lactation du troupeau et d’augmenter l’autonomie alimentaire du cheptel.

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Davantage de prairies peu productives et permanentes pour les éleveurs ovin viande
Les exploitations orientées ovin viande valorisent plus fréquemment des prairies peu productives (38 %) et des prairies permanentes (25 %), naturellement disponibles sur leur territoire.

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LES STRUCTURES ET LES TERRITOIRES DE PRODUCTIONS OVINES

Pour mieux saisir la diversité des formes d’élevage ovin selon les caractéristiques paysagères des territoires occitans, l’étude de la structure des exploitations ovines est déclinée pour chacune des sept zones paysagères de la région.
Quatre zones géographiques concentrent les élevage ovins laitier : le plateau, le causse Ouest et la zone de montagne du Massif Central ainsi que la plaine Midi-Pyrénéenne.
L’élevage ovin viande est présent sur l’ensemble des sept zones géographiques (carte 3).

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Le plateau du Massif Central : une SAU plus petite et peu de surfaces peu productives

La zone de plateaux du Massif Central correspond aux plateaux situés entre les différents Causses – Est et Ouest.
Cette zone se répartie principalement sur les départements de l’Aveyron, du Tarn et de la Lozère. On y dénombre 1 360 exploitations déclarant des ovins soit 24 % du total d’éleveur ovin occitan. Sur ce territoire, 60 % des exploitations d’ovins sont orientées en ovin lait, et 39 % en ovin viande.

Filière lait : forte part du cheptel ovin lait régional
Les 810 éleveurs d’ovins lait implantés sur le plateau de Massif Central totalisent 42 % du cheptel ovin lait d’Occitanie. La forte concentration du cheptel ovin lait régional sur cette zone s’explique par son ancrage dans l’aire de collecte de la zone de Roquefort.
En conséquence, la structure de ces exploitations est la plus représentative de l’ensemble des éleveurs d’ovins lait de la région.

La SAU médiane atteint 66 ha (tableau 2) soit un peu moins que pour l’ensemble des exploitations ovin lait d’Occitanie (84 ha). Les prairies peu productives sont quasiment absentes de la SAU (2 %) au profit d’une plus forte proportion de surfaces en grandes cultures (23 %).

Ce sont des exploitations d’ovins lait avec un cheptel herbivore moins souvent mixte et relativement spécialisées dans l’élevage d’ovins stricts : 75 % des éleveurs d’ovins lait ont un cheptel herbivore exclusivement constitué d’ovins. Par ailleurs, 61 % des exploitations ovin lait de cette zone sont classées dans la typologie Inosys en exploitations spécialisées d’élevage strict lait d’ovins (carte 4) et 25 % en éleveurs strict laitier avec troupeaux mixtes (bovins - ovins).

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Filière viande : 16 % du cheptel ovin viande d’Occitanie
Les 530 exploitations agricoles avec un élevage ovin orienté viande du plateau regroupent 16 % de l’ensemble du cheptel ovin viande d’Occitanie.

La SAU médiane des exploitations d’ovins viande du plateau est plus petite : 49 ha contre 63 pour l’ensemble des éleveurs ovin viande d’Occitanie. Le système fourrager est en moyenne moins fortement composé de surfaces en prairies peu productives (7 %) et plus souvent constitué de prairies permanentes (37 %) et temporaires (27 %). Les autres productions végétales sont moindres.

La PBS médiane totale de ces exploitations est de 96 400 euros, un peu plus élevée que pour l’ensemble des éleveurs viande d’Occitanie (82 200 euros). Elle est aussi moins fréquemment issue de productions végétales (grandes cultures ou cultures pérennes) que pour les autres éleveurs d’ovins viande : 11 % contre 20 %.

36 % des exploitations ovin viande du Plateau sont classés par la typologie Inosys en éleveurs spécialisés stricts d’ovins viande et 36 % en éleveurs spécialisés stricts d’ovins viande avec troupeaux mixtes (bovins - ovins).

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La zone de montagne du Massif Central : des élevages mixtes (avec bovins) et des systèmes fourragers différenciés entre lait et viande

La zone de montagne du Massif Central correspond aux zones d’altitude (Aubrac, Margeride, Cévennes et montagne noire) du Massif Central et s’étend principalement sur l’Aveyron, la Lozère, le sud du Tarn et très partiellement sur les départements de l’Aude, de l’Hérault, du Gard.
Elle comptabilise 640 éleveurs ovins soit 11 % des exploitations occitanes d’ovins. Pour 65 % de ces éleveurs, le cheptel ovin est spécialisé en ovins viande et pour 34 % en ovins lait.

Filière lait : 10 % du cheptel laitier
Les 220 exploitants ayant un élevage ovin lait situés en zone de montagne du Massif Central représentent 10 % du cheptel laitier d’Occitanie.

La SAU médiane est de 87 ha, composée à 81 % de prairies et de surfaces fourragères (tableau 3). Les surfaces en prairies temporaires et permanentes sont davantage présentes que pour l’ensemble des exploitations laitières (respectivement 33 % et 31 % contre 20 % et 19 %). Les cheptels herbivores sont plus souvent mixtes : 44 % de ces exploitations ont un troupeau mixte (bovins - ovins) contre 29 % pour l’ensemble des éleveurs ovins lait régionaux. Par ailleurs, 39 % des exploitations ovin lait de cette zone sont classées en exploitations spécialisées lait avec troupeaux mixtes (carte 4).

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Filière viande : 10 % du cheptel viande et des éleveurs extensifs
La zone de montagne du Massif Central regroupe 410 exploitations agricoles avec élevages ovin viande qui totalisent 10 % du cheptel viande d’Occitanie.
Presque la moitié de la SAU (48 %) est consacrée aux prairies peu productives. De façon identique aux éleveurs d’ovins lait, les cheptels herbivores sont plus fréquemment mixtes que pour l’ensemble des éleveurs d’ovins viande d’Occitanie, soit 60 % des éleveurs contre 48 % au niveau régional.
Le cheptel médian d’herbivore est de 46 UGB, principalement composé de bovins (53 %) et d’ovins (44 %).

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Le causse Est du Massif central : des exploitations plus extensives avec davantage de SAU et de prairies peu productives

La zone des Causses Est rassemble les grands causses aveyronnais et lozérien et couvre une partie de ces départements ainsi que très partiellement ceux du Gard et de l’Hérault. Cette zone compte 1 140 éleveurs d’ovins, soit 21 % des exploitations occitanes d’ovins. 69 % de ces exploitations ont un troupeau orienté ovin lait et 29 % orienté ovin viande.

Filière lait : une part importante du cheptel ovin lait régional
Les 790 exploitations agricoles ayant un cheptel ovin laitier des Causses Est totalisent 44 % des brebis laitières d’Occitanie. De façon identique au Plateau, cette zone recoupe une grande partie de l’aire de collecte de la zone de Roquefort, ce qui explique la concentration des exploitations d’ovins lait sur ce territoire.

Ce sont des exploitations de plus grande taille économique, la PBS médiane y est de 143 300 euros contre 129 800 euros pour l’ensemble des exploitations ovin lait (tableau 4). Elle est issue à 85 % de productions animales.
La SAU de ces exploitations est essentiellement constituée de prairies et de surfaces fourragères (83 %) dont une importante part de prairies peu productives (40 %), soit davantage que pour l’ensemble des éleveurs d’ovins lait (26 %).

Le taux de chargement moyen de ces exploitations est parmi les plus faibles des éleveurs d’ovins lait Occitan, soit 0,6 UGB par hectare de SFP contre 0,9 pour l’ensemble. Cela s’explique par des SAU médianes plus élevées que pour l’ensemble des éleveurs laitiers (130 ha contre 84 ha) avec des tailles équivalentes de cheptels herbivores : 74 UGB contre 70 pour l’ensemble.
Les exploitations d’ovins lait du causse-Est sont principalement des éleveurs strict lait d’ovins, soit 59 % (carte 4) et 23 % sont classées en exploitations spécialisées éleveurs strict lait avec des troupeaux mixtes (bovins – ovins).

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Filière viande : les surfaces peu productives très majoritaires
Les 330 éleveurs d’ovins viande implantés sur le Causse-Est totalisent 12 % du cheptel de brebis viande d’Occitanie.
Ce sont des exploitations plus extensives à l’herbe. La SAU est essentiellement composée de prairies peu productives (64 %) et les taux de chargement sont plus faibles : 0,4 UGB par hectare de SFP, soit moins que pour l’ensemble des éleveurs ovin viande d’Occitanie (0,7 UGB/ha de SFP). Cela s’explique par des SAU individuelles plus importantes (112 ha contre 63 ha) malgré des cheptels herbivores d’un peu plus grande taille (47 UGB contre 41 UGB).

Presque un éleveur d’ovin viande sur deux (46 %) est spécialisé en ovins stricts (carte 4) et 27 % en éleveurs stricts d’ovins viande avec troupeaux mixtes (bovins - ovins).

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Le causse Ouest du Massif Central : un territoire presque exclusivement orienté viande

La zone des causses Ouest, regroupant les causses du Quercy est répartie majoritairement sur le Lot et partiellement en Tarn-et-Garonne. 530 éleveurs y sont installés soit 10 % des exploitations occitanes d’ovins.

Prédominance de l’élevage ovin viande
La presque totalité des exploitations ovines de cette zone (97 %) a un troupeau spécialisé ovin viande, et le cheptel total représente 24 % du cheptel ovin viande d’Occitanie.
Ce sont des exploitations de plus grande taille que l’ensemble des éleveurs ovin viande de la région. La PBS médiane atteint 111 200 euros contre 82 200 pour l’ensemble de la filière viande (tableau 5).

La SAU médiane est également plus importante : 110 ha contre 63 ha pour l’ensemble. Le cheptel herbivore médian (49 UGB) est plus souvent composé exclusivement d’ovins que pour les autres éleveurs ovin viande : 75 % contre 52 % en moyenne. Le cheptel de brebis médian est de 260 têtes, soit davantage que pour l’ensemble des éleveurs ovin viande (150 brebis).

Même si presque la moitié des éleveurs est classée par la typologie Inosys en éleveurs stricts d’ovins viande, les éleveurs viande – polyculteurs sont surreprésentés dans cette zone géographique : 26 % contre 16 % pour l’ensemble des éleveurs viande d’Occitanie (carte 4). Pour ces exploitations, l’élevage ovin viande est souvent associé à une petite culture de vergers, principalement du noyer, dont la SAU est supérieure à un hectare.

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Zone de montagne des Pyrénées : une plus faible SAU et des exploitations spécialisées viande avec des troupeaux mixtes

La zone de montagne des Pyrénées s’étend sur le massif des Pyrénées et les départements de l’Ariège, de l’Aude, de la Haute-Garonne, des Hautes-Pyrénées et des Pyrénées Orientales. Elle comporte 800 exploitations avec un élevage ovin soit 15 % des exploitations ovines d’Occitanie.

Une production ovin viande prédominante
La quasi-totalité des exploitations d’ovins de cette zone a un cheptel ovin spécialisé viande et elles représentent 18 % du cheptel occitan de brebis allaitantes.

Ces exploitations sont spécialisées dans la production animale qui représente en moyenne 93 % de la PBS totale (tableau 6) les ateliers végétaux de production destinée à la vente étant presque inexistants. Les troupeaux mixtes sont fréquent notamment en associant ovins avec bovins. Le cheptel herbivore médian est de 42 UGB, majoritairement constitué de bovins (52 %) et d’ovins (47 %). La part d’éleveurs ovins avec un troupeau mixte est importante : 63 % contre 48 % pour l’ensemble des éleveurs viande.

Par ailleurs, 40 % des exploitations ovin viande de cette zone sont classées dans la typologie Inosys en exploitations spécialisée d’élevage strict viande avec troupeaux mixtes (carte 4).

La SAU médiane est de 42 ha, plus petite que pour l’ensemble des exploitations ovin viande (63 ha), notamment en lien avec la pratique de l’estive sur des pâturages collectifs qui ne sont pas comptabilisés ici. Elle est constituée à 90 % de prairies et de surfaces fourragères dont 55 % de prairies permanentes.

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Plaine midi-pyrénéenne : principalement des éleveurs ovin viande avec atelier végétal en grandes cultures

La plaine midi pyrénéenne couvre un large territoire entre massif Pyrénéen et Massif Central. Elle s’étend sur les plaines de la Garonne et de l’Adour et sur tout ou partie de sept départements : l’Ariège, l’Aude, la Haute-Garonne, le Gers, les Hautes-Pyrénées, le Tarn et le Tarn-et-Garonne. Près de 900 exploitations agricoles y déclarent des effectifs ovins, soit 16 % de l’ensemble des exploitations ovines d’Occitanie. 91 % des éleveurs de cette zone ont un cheptel spécialisé viande et l’élevage d’ovins lait y est marginal (9 %).

Filière lait : 3 % du cheptel ovin lait régional
Les 80 exploitations spécialisées en ovins lait de la plaine midi-pyrénéenne totalisent 3 % du cheptel ovin lait Occitan.

Ce sont des exploitations de plus petites tailles que les autres exploitations laitières d’Occitanie ; que ce soit du point de vue du cheptel herbivore (57 UGB), de la surface agricole (66 ha) ou de la production brute standard (104 700 euros, tableau 7).

Les prairies et surfaces fourragères sont prépondérantes dans la SAU (68 %) mais les surfaces en grandes cultures (céréales, oléo-protéagineux) y sont davantage présentes que pour l’ensemble des exploitations laitières (29 % contre 16 %).

Ce sont principalement des éleveurs spécialisés stricts lait d’ovin, 58 % des éleveurs d’ovins lait de cette zone sont classés en éleveurs spécialisées strict lait d’ovin et 22 % en éleveurs strict lait avec des troupeaux mixtes (carte 4).

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Filière viande : des ateliers d’élevage spécialisés en ovins et importance de l’atelier végétal
810 exploitations avec un cheptel ovin spécialisé viande sont implantées dans les zones de plaine Midi-Pyrénéenne et représentent 17 % du cheptel ovin viande occitan.

Les ateliers d’élevage de ces exploitations sont de petite taille et le plus souvent spécialisés en ovins. Le cheptel herbivore médian (29 UGB) est plus petit que la moyenne des éleveurs viande (41 UGB). 60 % des éleveurs d’ovins viande ont un troupeau strictement composé d’ovins, contre 50 % pour l’ensemble des éleveurs viande.
L’atelier végétal est plus important que la moyenne et représente 40 % de la PBS totale (contre 20 % pour l’ensemble des éleveurs viande), notamment en lien avec la culture de céréales. La SAU médiane est de 62 ha pour ce type d’exploitations, composée de surfaces en céréales et oléo-protéagineux (44 % contre 20 % pour l’ensemble des exploitations d’ovins viande de la région) et à 66 % de SFP.

Les profils d’éleveurs d’ovins viande sont très diversifiés : 29 % sont des exploitations spécialisées dans l’élevage strict de viande d’ovins, 22 % en éleveurs viande – polyculteurs, 17 % en éleveurs viande avec troupeaux mixtes (bovins - ovins) et 15 % en exploitations végétales avec ovins (carte 4).

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La zone du pourtour méditerranéen : des élevages ovin viande avec présence de cultures permanentes (vignes, vergers)

La zone du pourtour méditerranéen est composée des plaines et collines des départements des Pyrénées-Orientales, de l’Aude, de l’Hérault et du Gard. Elle comptabilise environ 190 exploitations agricoles avec un élevage ovin, soit un peu plus de 3 % de l’ensemble des éleveurs ovin d’Occitanie.

Prédominance de l’élevage ovin viande et des exploitations de plus petite taille
L’élevage d’ovins viande est presque exclusif dans la zone du pourtour méditerranéen et représente 5 % du cheptel de brebis viande occitan. Les exploitations ovin viande sont de plus petite taille que les autres exploitations d’ovins viande occitane, du point de vue de leur PBS (66 800 euros contre 82 200 euros, tableau 8), et du cheptel herbivore (26 UGB contre 46 UGB).

Un atelier végétal de cultures permanentes est fréquemment associé à l’élevage. La PBS totale de ces exploitations est issue en moyenne pour 41 % de production végétale, en lien avec la présence de cultures permanentes comme celles de la vigne et de vergers. Le système fourrager repose sur les surfaces peu productives qui sont prédominantes. La Surface agricole utile (SAU) médiane est de 70 hectares, essentiellement composée de prairies peu productives (68 %).

Une forte diversité de profils d’éleveurs caractérise ce territoire associée à la polyculture et aux exploitations végétales. Sur le pourtour méditerranéen, 31 % des exploitations ayant un élevage ovin viande sont classées par la typologie Inosys en exploitations spécialisées d’éleveurs viande et polyculteurs (carte 4), 31 % en éleveurs stricts d’ovins viande et 14 % en exploitations végétales avec ovins.

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Sources et méthodologie

Plusieurs sources de données ont été utilisées pour réaliser cette étude :
- Les déclarations PAC des surfaces végétales diffusées par l’Agence de services et paiements (ASP).
- La Base de données nationale d’identification (BDNI) dont l’objectif principal est le suivi sanitaire des animaux de rente présents sur le territoire français. Elle comprend les informations relatives aux élevages d’herbivores et de certains granivores des exploitations ayant fait une déclaration auprès des établissements de l’élevage (Ede).

Champ de l’étude : l’échantillon de l’étude est composé de 5 500 exploitations agricoles déclarant en 2016 la présence de brebis mères (lait ou viande) en Occitanie auprès des établissements de l’élevage et dont la production brute standard (PBS) est supérieure ou égale à 25 000 euros annuels, hors exploitations collectives (estives, groupements pastoraux, etc.).

Glossaire :
AOP : Appellation d’origine protégée
PBS : Production brute standard
PRA : Petite région agricole
SAU : Surface agricole utilisée
SFP : Surface fourragère principale
TEC : Tonne équivalent-carcasse
UGB : Unité gros bovin

La typologie Inosys (pour Innovation Système) est une typologie exhaustive des systèmes d’exploitations agricoles mise en place par les chambres d’agriculture.
Elle permet de classer les exploitations en différentes classes homogènes de systèmes agricoles selon des critères définis à dire d’experts. Les critères utilisés, tels que les surfaces végétales, les effectifs d’animaux ou la production de l’exploitation, permettent de hiérarchiser les différents ateliers (végétal, animal) selon leur poids dans la production totale de l’exploitation mais également selon leur fonctionnement. Dans son niveau le plus détaillé, la typologie est composée de 150 classes. La quantification de la typologie Inosys a été initialement effectuée en partenariat avec les Draaf, grâce aux données du Recensement agricole de 2010.

Pour réaliser cette étude, la typologie a été actualisée avec les données agricoles issues des déclarations administratives de 2016. 10 types Inosys ont été retenus pour caractériser les exploitations agricoles ayant un cheptel ovin. Ces types peuvent être distingués en cinq catégories : éleveur, éleveur – polyculteur, polyéleveur, polyéleveur – polyculteur, cultivateur – éleveur, autres élevages. Ils différencient les exploitations selon leur production ovine (lait/viande) mais aussi selon la présence d’autres élevages (bovins, ovins, granivores) et selon l’importance des cultures végétales de l’exploitation.

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Pour en savoir plus

« Enquête pratiques d’élevages ovins en Occitanie en 2015 », Premiers résultats - Novembre 2019

« Panorama du pastoralisme pyrénéen » - Agreste Dossiers n°1 - Septembre 2020

« Ancrage territoriale de la filière viande ovine en Occitanie » - Agreste Études n°2 - Mars 2021

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[1] Source SAA 2016

[2] Bovins, ovins, caprins, hors équins

[3] Source : enquête annuelle laitière

[4] Source : Agence bio