Les pratiques culturales pour les céréales à paille - Agreste Études n°4 - Juin 2026
Enquête pratiques culturales grandes cultures 2021
Cette étude présente l’itinéraire technique pour les céréales à paille en 2021. Les principaux résultats sont déclinés pour les pratiques de gestion du sol, de fertilisation et de traitements phytopharmaceutiques. Les principales cultures enquêtées en Occitanie sont : le blé tendre, le blé dur, l’orge et le triticale.
Le travail du sol : une implantation majoritairement sans labour
En 2021, plus de 84 % des surfaces occitanes en blé tendre et 89 % des surfaces en blé dur ont été implantées sans labour préalable inclus dans l’ensemble des opérations de travail du sol. Pour l’orge et le triticale ce sont respectivement plus de 56 % et 44 % des surfaces d’Occitanie implantées sans labour.
Pour plus de 55 % des surfaces en blé tendre et plus de 63 % des surfaces en blé dur, la préparation du sol n’a été réalisée que par un travail superficiel (<15 cm). Ces proportions n’atteignent que 31 % pour l’orge et 28 % pour le triticale.
Le semis direct est une technique culturale simplifiée (TCS), s’inscrivant dans l’agriculture de conservation et qui consiste à semer les graines sans aucun travail du sol, ni retournement, ni décompactage, ni préparation d’un lit de semences. Le semis direct est pratiqué sur plus de 8 % des surfaces implantées en blé tendre et plus de 9 % des surfaces implantées en blé dur. Ces valeurs sont de près de 9 % et plus de 10 % des surfaces respectives pour le triticale et l’orge.
La gestion de l’interculture
Près de 70 % de la surface en blé tendre est semée après une grande culture de printemps dont 38 % après un tournesol et 19 % après un maïs grain. L’interculture est majoritairement en un sol nu (60 %) ou avec des repousses (19 %). Le faux semis est pratiqué sur 31 % des surfaces de blé tendre. La pratique du faux-semis se fait sur 40 % de surfaces bio et 30 % des surfaces conduites en conventionnel.
Deux tiers de la surface en blé dur est semée après une grande culture de printemps dont plus de la moitié après un tournesol. L’interculture est majoritairement un sol nu (57 %) ou avec des repousses (29 %). Le faux-semis est pratiqué sur 36 % des sur faces de blé dur. La pratique du faux semis se fait sur 43 % de surfaces bio et 36 % des surfaces conduites en conventionnel.
Plus de 46 % de la surface en orge est semée après une autre céréale à paille dont plus de 31 % après un blé tendre, et plus de 29 % de la surface est semée après une prairie, un mélange ou une jachère. L’interculture est majoritairement un sol nu (44 %) ou des repousses (43 %). Le faux-semis est pratiqué sur 26 % des surfaces d’orge. La pratique du faux-semis se fait sur 29 % de surfaces bio et 26 % des surfaces conduites en conventionnel.
Près de 40 % de la surface en triticale est semée après une autre céréale à paille et 30 % après une prairie, un mélange ou une jachère. L’interculture est majoritairement un sol nu (63 %) ou des repousses (26 %). Le faux-semis est pratiqué sur 18 % des surfaces en triticale. La pratique du faux-semis se fait sur 32 % de surfaces bio et 16 % des surfaces conduites en conventionnel.
La fertilisation
Une Fertilisation azotée principalement minérale
La majorité des surfaces de céréales à paille est fertilisée par un engrais minéral pour l’apport d’azote (N). En moyenne, près de 80 % pour l’ensemble des céréales à paille, avec près de 83 % des surfaces en blé tendre et 94 % des surfaces en blé dur, sont fertilisées avec un engrais azoté minéral.
Pour 10 % des surfaces de céréales à paille il y a des apports mixtes d’azote minéral et d’azote organique (6 % pour le blé tendre et plus de 29 % pour le triticale). Pour un peu plus de 4 % des surfaces de céréales à paille il y a des apports d’azote organique uniquement ; dont 4,4 % sur celles en blé tendre et plus de 27 % sur celles en avoine. Enfin pour 6 % des surfaces de céréales à paille il y n’y a aucun apport d’azote, avec près de 7 % et 22 % des surfaces respectivement pour le blé tendre et avoine. La part des surfaces fertilisées en azote est globalement similaire entre les parcelles en zone vulnérable et hors zone vulnérable, avec une prédominance de l’utilisation d’engrais minéral en zone vulnérable car les exploitations ont peu de ressources en effluents d’élevage.
Blé tendre total | Blé tendre ZV | Blé tendre Hors ZV | Blé dur | Blé dur ZV | Blé dur Hors ZV | Triticale | Triticale ZV | Triticale Hors ZV | Orge d’hiver | Orge d’hiver ZV | Orge d’hiver Hors ZV | Avoine | Avoine ZV | Avoine Hors ZV | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Aucun apport d’azote | 6,8 | 7,0 | 5,6 | 1,9 | 0,7 | 3,7 | 8,0 | 13,9 | 4,4 | 6,3 | 8,2 | 4,1 | 21,6 | 17,9 | 24,4 |
| Apport d’azote | 93,2 | 93,0 | 94,4 | 98,1 | 99,3 | 96,3 | 92,0 | 86,1 | 95,6 | 93,7 | 91,8 | 95,9 | 78,4 | 82,1 | 75,6 |
| dont azote minéral | 82,8 | 86,4 | 63,8 | 94,3 | 97,1 | 89,8 | 57,1 | 61,7 | 54,2 | 67,5 | 81,1 | 52,3 | 37,7 | 57,2 | 22,9 |
| dont azote minéral et organique | 6,0 | 2,5 | 24,2 | 2,8 | 1,9 | 4,2 | 29,3 | 16,2 | 37,5 | 22,4 | 9,6 | 36,7 | 13,5 | 1,8 | 22,4 |
| dont azote organique | 4,4 | 4,0 | 6,4 | 1,0 | 0,2 | 2,3 | 5,6 | 8,2 | 4,0 | 3,9 | 1,1 | 7,0 | 27,2 | 23,1 | 30,3 |
Le blé dur est la céréale à paille la plus fertilisée en azote, avec une moyenne de 182 kg/ha d’azote apportés sur les parcelles enquêtées. L’apport moyen pour le blé tendre est de 163 kg/ha. Le blé dur est la céréale à paille pour laquelle l’apport d’azote par quintal de grains récoltés (4,1 kg/q) est le plus élevé du fait des exigences variétales d’une part et technologique d’autres part pour obtenir des grains à haute teneur en protéine. Le blé tendre est fertilisé à raison de 3,25 kg d’azote par quintal de grains récoltés.
Unité : kg/ha | Blé tendre total | Blé tendre ZV | Blé tendre Hors ZV | Blé dur | Blé dur ZV | Blé dur Hors ZV | Triticale | Triticale ZV | Triticale Hors ZV | Orge d’hiver | Orge d’hiver ZV | Orge d’hiver Hors ZV | Avoine | Avoine ZV | Avoine Hors ZV |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Apport d’azote | 163 | 165 | 155 | 182 | 195 | 160 | 134 | 121 | 142 | 129 | 125 | 133 | 106 | 99 | 112 |
| dont azote minéral | 164 | 167 | 144 | 181 | 194 | 158 | 91 | 99 | 86 | 106 | 112 | 95 | 81 | 94 | 56 |
| dont azote minéral et organique | 199 | 218 | 188 | 250 | 221 | 272 | 215 | 232 | 210 | 207 | 247 | 196 | 135 | 80 | 139 |
Unité : kg/quintal | Blé tendre total | Blé tendre ZV | Blé tendre Hors ZV | Blé dur | Blé dur ZV | Blé dur Hors ZV | Triticale | Triticale ZV | Triticale Hors ZV | Orge d’hiver | Orge d’hiver ZV | Orge d’hiver Hors ZV | Avoine | Avoine ZV | Avoine Hors ZV |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Apport d’azote | 3,50 | 3,54 | 3,27 | 4,19 | 4,05 | 4,42 | 3,28 | 2,98 | 3,46 | 2,85 | 2,82 | 2,89 | 4,15 | 3,59 | 4,66 |
| dont azote minéral | 3,43 | 3,52 | 2,76 | 4,07 | 4,03 | 4,15 | 2,10 | 2,38 | 1,90 | 2,30 | 2,50 | 1,97 | 3,87 | 3,57 | 4,54 |
| dont azote minéral et organique | 4,63 | 4,88 | 4,50 | 8,91 | 4,77 | 12,09 | 5,04 | 4,63 | 5,15 | 4,64 | 5,67 | 4,34 | 4,92 | 3,20 | 5,02 |
La fertilisation en phosphate
Le blé dur est la céréale à paille la plus fertilisée en phosphate, avec près de 55% des surfaces fertilisées, et une moyenne de 53 kg/ha de phosphate apportés sur les parcelles. Hormis pour cette culture, les apports en phosphate pour les autres céréales à paille sont minoritaires.
Fertilisation en phosphate | Blé tendre | Blé dur | Triticale | Orge d’hiver | Avoine |
|---|---|---|---|---|---|
| Quantité moyenne (kg/ha) | 42,4 | 52,7 | 46,5 | 44,5 | 38,5 |
| Part des surfaces fertilisées (%) | 39,4% | 54,8% | 31,8% | 39,3% | 17,8% |
La fertilisation en potassium
La fertilisation en potassium est minoritaire pour les surfaces en céréales à paille avec 26,1 % des surfaces en triticale et 20,2 % en orge. Les apports moyens sont compris entre 30 et 40 kg/ha.
Fertilisation en potassium | Blé tendre | Blé dur | Triticale | Orge d’hiver | Avoine |
|---|---|---|---|---|---|
| Quantité moyenne (kg/ha) | 40,1 | 31,1 | 40,4 | 36,0 | 41,6 |
| Part des surfaces fertilisées (%) | 18,3% | 15,3% | 26,1% | 20,2% | 16,4% |
La fertilisation en soufre
La fertilisation en soufre est très hétérogène selon les cultures de céréales à paille. Seulement 8 % des parcelles en avoine sont fertilisées avec un apport moyen de 41,8 kg/ha, alors que près de 69 % des surfaces en blé dur sont fertilisées avec un apport moyen de 56,8 kg/ha. L’apport moyen pour le blé tendre est de 57 kg/ha, pour les 54 % de parcelles fertilisées. La fertilisation en soufre des céréales s’est développée à partir des années 80 pour pallier les baisses de rendement dues à une carence en soufre.
Fertilisation en soufre | Blé tendre | Blé dur | Triticale | Orge d’hiver | Avoine |
|---|---|---|---|---|---|
| Quantité moyenne (kg/ha) | 57,0 | 56,8 | 45,9 | 46,3 | 41,8 |
| Part des surfaces fertilisées (%) | 53,7% | 68,6% | 24,9% | 40,6% | 8,1% |
Une irrigation peu présente en 2021
En 2021, l’irrigation est pratiquée sur 7 % des surfaces d’Occitanie pour le blé tendre, 6 % des superficies de blé dur et 1 % des surfaces de triticale ou d’orge d’hiver.
La pratique d’irrigation avant le semis est mise en place seulement pour le blé dur avec en moyenne 0,2 tour d’eau avant le semis. Le nombre de tours d’eau après le semis est réalisé en moyenne avec 1,7 tour pour le triticale, 1,6 tour pour le blé dur, 1,3 tour pour le blé tendre et 1 tour pour l’orge d’hiver. Les apports d’eau moyens sont de 570 m3/ha pour le blé dur, 450 m3/ha pour le triticale, 410 m3/ha pour le blé tendre et 240 m3/ha pour l’orge d’hiver.
L’irrigation des céréales à paille est réalisée pour assurer la bonne implantation de la culture soit avant ou après semis.
La protection phytosanitaire des cultures de céréales
L’indicateur de fréquence de traitement (IFT)
L’indicateur de fréquence de traitement moyen (IFT) sur l’ensemble des parcelles varie entre 1,8 et 4,1 pour les cultures de céréales à paille. Il s’établit à 1,8 pour le triticale, à 2,9 pour l’orge d’hiver, à 3 pour le blé tendre et à 4,1 pour le blé dur. Cet indicateur se compose comme la somme des IFT herbicides, fongicides, insecticides, autres traitements dont semences (produit d’enrobage des semences).
Le blé tendre
Pour la culture du blé tendre, les principaux traitements sont les herbicides avec un IFT afférent de 1,2 ; puis les fongicides avec un IFT de 0,9 ; le traitement des semences avec un IFT de 0,8 et enfin les insecticides qui contribuent à 0,2.
Le nombre de traitements phytosanitaires est de 3,3 en moyenne pour le blé tendre avec une décomposition de 1,6 traitement pour les herbicides, 1,4 traitement pour les fongicides, 0,2 traitement pour les insecticides et 0,1 pour les autres traitements.
L’écart interquartile s’élève à 1,6, soit la moitié des surfaces ont un IFT compris entre 2,4 et 4,1. Ainsi un quart des exploitations possède un IFT supérieur à 4,1 et cela concerne 27 % des surfaces.
Pour la culture du blé tendre, les traitements biocontrôle ne sont pas présents, peu de produits biocontrôle sont disponibles notamment pour le désherbage.
Le blé dur
Le blé dur nécessite des traitements herbicides (IFT à 1,4), fongicides (IFT de 1,3), traitement des semences (IFT de 1) et plus marginalement des traitements insecticides (IFT de 0,3) et d’autres traitements (IFT de 0,1).
Le nombre total moyen de traitements phytosanitaires est de 4,5 en 2021 avec en détail : 2,2 traitements herbicides, 1,9 traitement fongicide, 0,3 traitement insecticide et 0,1 traitement autre en moyenne.
L’écart interquartile de l’IFT est de 2,2 c’est-à-dire que la moitié des surfaces a un IFT compris entre 3,1 et 5,3. Ainsi un quart des exploitations possèdent un IFT supérieur à 5,3 et cela concerne également un quart des surfaces.
Pour cette culture, les traitements biocontrôle sont inexistants comme pour le blé tendre et pour les mêmes raisons.
Triticale
Pour le triticale, les principaux types de traitements sont les herbicides et le traitement des semences. Les traitements herbicides contribuent pour 0,8 de l’IFT total moyen et le traitement des semences à 0,6.
Le nombre de traitements phytosanitaires est de 1,6 en moyenne pour le triticale avec une décomposition de 1 traitement pour les herbicides, 0,5 traitement pour les fongicides et 0,1 traitement pour les insecticides.
L’écart interquartile s’élève à 2 soit la moitié des surfaces ont un IFT compris entre 0,8 et 2,8. La part des surfaces avec un IFT inférieur à la valeur du 1er quartile est de 26 %.
Pour la culture du triticale, les traitements biocontrôle sont quasi inexistants comme pour les autres céréales à paille et pour les mêmes raisons.
Orge d’hiver
L’orge d’hiver nécessite des traitements herbicides avec un IFT de 1,2, des traitements des semences avec un IFT de 0,8 et des traitements fongicides avec un IFT de 0,7.
Le nombre total moyen de traitements phytosanitaires est de 2,9 en 2021 avec en détail : 1,6 traitement herbicide, 1,1 traitement fongicide, 0,2 traitement insecticide et 0,1 traitement autre en moyenne.
L’écart interquartile s’élève à 2,3 ; ainsi la moitié des surfaces ont un IFT compris entre 1,7 et 4,0. La part des surfaces avec un IFT supérieur à la valeur du 3ème quartile est de 24 %.
Les traitements biocontrôle pour l’orge d’hiver sont quasi inexistants comme pour les autres céréales à paille et pour les mêmes raisons.
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