Conjoncture mensuelle grandes culture au 1er avril 2026
Un contexte agronomique et économique très compliqué en 2026
Météo et cultures
Un début de campagne très humide en Occitanie
La fin d’année 2025 a été très humide sans distinction entre les départements de la région Occitanie.On note une chute des températures à 0°C jusqu’au début de la première semaine de janvier 2026, puis le retour d’un temps doux et humide bien marqué, par exemple, sur le Tarn-et-Garonne. A contrario, l’Aveyron connait une semaine froide allant jusqu’à -12°C (neige, pluie et gelée).
Ce froid n’a pas eu d’impact sur les cultures d’hiver sauf pour les semis tardifs. Il est même plutôt bénéfique pour l’état sanitaire des cultures et pour calmer les attaques de pucerons.
Les passages pluvieux se poursuivent ensuite sans interruption jusqu’à mi-février. L’humidité du sol en excès touche toute la région Occitanie. Les dégâts ne sont pas visibles au départ, mais l’inquiétude sur d’éventuelles pertes de pieds se fait sentir.
Certaines parcelles sont saturées, voire totalement inondées (Haute-Garonne). Les zones hydromorphes ont leurs sols asphyxiés et ont du mal à évacuer l’eau des dernières pluies ce qui rend leur accès difficile. Les parcelles les plus filtrantes ont pu ressuyer pour d’éventuels épandages précoces à la sortie de la période de froid (ex. Aveyron).
Un bilan contrasté en sortie d’hiver
A la sortie hiver, le bilan est moins pessimiste que prévu sur l’ouest de l’Occitanie. Les sols gorgés d’eau suite à la pluviométrie excessive des mois de janvier et février n’ont pas entrainé les retournements de parcelles attendus. Les dégâts restent localisés avec des ronds noyés et des stress liés au manque de minéraux (azote en particulier). Courant mars, les conditions météorologiques favorables ont permis de réaliser efficacement les interventions nécessaires (apports azotés). En revanche, sur le golfe du Lion, les cultures d’hiver ont plus fortement subi les excès d’eau entrainant un lessivage des reliquats, des problèmes d’enracinement, d’asphyxie racinaire et de pertes de pieds. De plus, les interventions ont été reportées.
Début avril le tallage est quasi terminé pour l’ensemble des céréales à paille de la région. Les cultures sont au démarrage du stade épi 1 cm
L’hétérogénéité entre les parcelles et au sein des parcelles est marquée sur toute la région. Les potentiels de rendement sont déjà entamés pour les cultures d’hiver. Au niveau sanitaire, les maladies commencent à se déclarer (rouilles, septoriose et mosaïques).
Le contexte de hausse des prix des intrants et de la disponibilité du gazole non routier interroge également certains producteurs quand les stocks n’ont pas été réalisés avant la guerre au Moyen- Orient. Il pourrait y avoir un risque de délaissement des parcelles pour des raisons agronomiques et économiques sur le littoral méditerranéen.
Évolution des surfaces et semis de printemps
La surface occitane en céréales à pailles retrouverait son niveau quinquennal avec une hausse de +3% par rapport à la campagne précédente. La sole en blé tendre augmenterait de +4% par rapport à 2025, celle de blé dur de +6% restant toutefois en baisse de 15% par rapport à la moyenne. La superficie en colza s’élèverait à près de 45 000 ha (+16% par rapport à 2025).
Au 1er avril, les semis de printemps débutent à peine sur l’ouest de l’Occitanie. Ils sont retardés par les conditions humides. Sur l’est de la région, les sols sont plus saturés en eau, les préparations des sols sont en cours et les semis n’ont pas pu commencer. Il pourrait y avoir, comme pour les cultures d’hiver, un risque de délaissement des parcelles pour des raisons agronomiques et économiques sur certains secteurs.
La sole en tournesol et en soja devrait augmenter du fait de la moindre demande en apports d’intrants pour ces cultures. Les prévisions d’assolement seraient modifiées sur les semis de printemps en raison du contexte de la flambée des prix des intrants, du gazole non routier et de sa disponibilité.
Point mensuel sur les cotations
Au mois de mars, la cotation du blé tendre rendu Rouen est à 197 €/tonne. Elle est en hausse de 4% par rapport au mois de février, mais en baisse de -9 % par rapport à 2025 (216 €/tonne) et de -22% par rapport à la moyenne quinquennale (252 €/tonne).
La cotation blé dur rendu Port la Nouvelle au mois de mars augmente de 2% par rapport au mois de février. Elle baisse de -16% par rapport à 2025 et de -32% par rapport à la moyenne quinquennale (254 €/tonne en mars 2026 contre 371 €/tonne pour la moyenne quinquennale et 303 €/tonne en 2025).
Le prix du maïs Fob Atlantique en mars 2026 est en baisse de -2% par rapport à 2025 (205 €/tonne en 2026 contre 209 €/tonne en 2025) et de -17% par rapport à la moyenne quinquennale. Il augmente de 7% par rapport au mois de février.
La cotation du colza rendu Rouen augmente de 1% au mois de mars (498 €/tonne) par rapport à l’an dernier (494 €/tonne). Elle diminue de -12% par rapport à la moyenne quinquennale (565 €/tonne) et augmente de 4% par rapport au mois de février.
Le prix du tournesol rendu Bordeaux en mars 2026 est de 531 €/tonne, il baisse de -8% par rapport à la moyenne quinquennale (576 €/tonne).
NB : les cours et les variations sont estimés en euros courant
Point mensuel sur la collecte
Téléchargez le fichier :