Bilan de conjoncture général 2020
Bilan de conjoncture général 2020
Sommaire
Prix
Météorologie
Grandes cultures
Viticulture
Fruits et légumes
Lait
Viande
Prairies
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L’année 2020 est marquée par une pandémie d’une maladie infectieuse émergente appelée covid-19. Pour lutter contre cette pandémie, un confinement strict est mis en place en France entre le 17 mars 2020 à midi et le 11 mai 2020 non inclus.
Cette situation a un impact très différencié sur les marchés agricoles selon les produits et leur sensibilité au confinement.
Prix : Des prix agricoles à la production qui se maintiennent dans un contexte de prix des intrants en baisse
Les prix agricoles à la production, en particulier les prix des fruits et des légumes, ont flambé pendant le confinement. L’indice général des prix agricoles à la production a ensuite ont retrouvé un niveau similaire à celui de 2019 sur le reste de l’année, la hausse durable des prix des fruits, des céréales, des oléagineux et des ovins ayant globalement compensé les baisses de prix du vin et des bovins et porcins dans un contexte de recul des prix des intrants sous l’effet des baisses des prix de l’énergie.
Météorologie :Une année marquée par la chaleur et par des évènements climatiques extrêmes
L’année 2020 est plus chaude que toutes les années précédemment enregistrées en France. Les températures mensuelles sont bien au-dessus de la moyenne 1997-2019 tout au long de l’année, sauf en octobre et en juin.
L’hiver 2019/2020 est caractérisé par des températures très douces, notamment en février (+3.5° au-dessus des normales de saisons dans le bassin Sud-Ouest, et + 2.9° dans le bassin Sud-Est) et par des phénomènes météorologique d’intensité exceptionnelle (tempêtes Gloria impactant 66 et 11), même si globalement les cumuls pluviométriques sont déficitaires pendant l’hiver.
A la fin du mois de mars, le printemps débute par un épisode neigeux tardif. Les mois d’avril et de mai sont chauds et ensoleillés. Les cumuls pluviométriques du printemps sont disparates, mais globalement excédentaires avec des épisodes pluvieux intenses en avril (19 au 21), mai (10 et 11) et juin (10 et 12).
Courant juillet, des conditions anticycloniques s’installent durablement, jusqu’à la mi-août. L’été est particulièrement sec (-55 mm en cumulé en juillet et en août dans le Sud-Ouest par rapport aux normales saisonnières). Malgré ce déficit hydrique et deux vagues de chaleur, les indicateurs du niveau d’humidité des sols restent autour de la normale entre juin et août, contrairement au nord-est du pays.
Les pluies de septembre et d’octobre permettent de recharger les nappes phréatiques au nord et à l’ouest de la région. En revanche, sur le golfe du Lion les cumuls de précipitations restent déficitaires au dernier trimestre de l’année.
Grandes cultures : Les conditions climatiques pénalisent la récolte
Les semis des cultures d’hiver sont pénalisés par les pluies très importantes de l’automne 2019. Les chantiers de semis continuent jusqu’en février 2020 alors que les cultures en place souffrent des excès d’eau qui induisent des problèmes d’asphyxie racinaire. Les fenêtres d’intervention sont rares et l’enherbement se développe.
A partir de la mi-mars, les conditions climatiques deviennent plus clémentes.
Les premiers semis des cultures d’été se déroulent dans des conditions correctes mais la suite du printemps est assez variable avec des épisodes pluvieux fréquents, laissant peu de créneaux disponibles pour réaliser les travaux des champs et pour terminer les semis.
Au final, les surfaces des cultures d’hiver sont en baisse et les surfaces des cultures d’été sont en hausse par rapport à 2019, les reports des cultures d’hiver non réalisées s’effectuant majoritairement vers du tournesol ou vers du soja.
En ce qui concerne les céréales d’hiver, le constat est définitivement mauvais, dans un contexte de production mondiale record en céréales (+32.6%). En Occitanie, la production de blé tendre accuserait une baisse -45% par rapport à 2019 et de -37% par rapport à la moyenne. La qualité est cependant au rendez-vous pour le blé tendre ; la région affiche, cette année encore, un meilleur taux protéique que ses voisines. Malgré un recul de 26% par rapport à 2019, l’Occitanie conserverait son second rang national pour le blé dur avec 28% de la production française.
Les résultats sont également mauvais pour le colza : malgré une hausse de 7% des surfaces entre 2019 et 2020, la baisse des volumes atteindrait -16% notamment du fait des alternances chaud/froid et sec/humide.
La récolte des cultures d’été est hétérogène et les rendements fragilisés par la sécheresse estivale varient selon les secteurs et les conditions d’emblavement. Avec une surface stable, les volumes de maïs auraient diminué de 20% par rapport à 2019. Au final, malgré des surfaces en hausse, les volumes de tournesol stagneraient par rapport à 2019 ce qui permettrait toutefois à l’Occitanie de conserver son deuxième rang national derrière la Nouvelle-Aquitaine. Avec 35 % de la production nationale soit plus de 140 000 tonnes, l’Occitanie conforte son 1er rang des régions productrices françaises de soja.
Viticulture : Une récolte correcte dans un contexte de marché marqué par la pandémie.
La campagne 2020-2021 a été marquée une récolte correcte et par la crise de la covid19 (fermeture des cafés, des restaurants et suppression de plusieurs salons viti-vinicoles). Malgré ce contexte difficile, les marchés sont restés globalement actifs. La fin de campagne a notamment connu une croissance forte des transactions
Fruits et légumes : des cours boostés par le premier confinement
La mise en place d’un confinement total à compter du 17 mars 2020 à midi, ne perturbe pas la consommation de les fruits et légumes dans les GMS (grandes et moyennes surfaces).
En revanche, la mise en application des mesures sanitaires instaurant la fermeture des petits commerces, des collectivités et des restaurateurs affaiblit fortement la demande orientée vers les marchés de gros.
L’indice de prix à la production des fruits frais et l’indice de prix à la production des légumes frais explosent à partir de mars 2020. L’indice à la production des fruits frais continue à augmenter jusqu’en juin et reste haut jusqu’à la fin de l’année alors que l’indice à la production des légumes frais retrouve au second semestre 2020 des niveaux comparables à ceux de 2019.
Lait : la baisse des volumes collectés en lait de vache en Occitanie s’atténue, les collectes de lait de brebis et de lait de chèvre se maintiennent ou augmentent
Lait de vache : la baisse des volumes collectés en Occitanie s’atténue
La production de lait de vache est en recul structurel depuis une dizaine d’années, en Occitanie comme au niveau national. En 2019, l’Occitanie était au 9ème rang des régions françaises pour la production de lait de vache, avec 685 millions de litres livrés à l’industrie et 2 235 livreurs.
L’année 2020 marque une atténuation de cette tendance à la baisse, la collecte semble se stabiliser à un niveau proche de celui de 2019 avec un léger repli de
1,4 % de janvier à novembre 2020.
Le cheptel de vaches laitières continue de diminuer dans tous les départements. La région compte environ 116 700 vaches au 1er décembre 2020 soit une baisse de 4 % par rapport à 2019.
Le volume collecté de lait de vache bio continue sa progression ces dernières années avec une hausse de près de 13 % sur la période de janvier à novembre 2020 par rapport à la même période en 2019. La part du lait bio atteint près de 8 % de la collecte totale en Occitanie contre 4,6 % au niveau national. Le principal département producteur est l’Aveyron. Le nombre de producteurs bio de la région (hors conversion), estimé à 230 en 2019, aurait augmenté de 11 % en 2020.
Lait de brebis : La collecte de lait de brebis 2020 se maintient en légère hausse
L’Occitanie concentre plus de 75 % de la production française de lait de brebis dont les trois quarts en Aveyron. Entre janvier et novembre 2020, les livraisons régionales de lait de brebis sont en hausse de 2 % par rapport à 2019 avec un total de 198,4 millions de litres collectés sur cette même période. Le cheptel occitan de brebis laitières est estimé à 712 300 têtes en 2019.
Les volumes régionaux de lait de brebis bio livrés à l’industrie poursuivent leur progression en 2020 même si la hausse n’est que de 4 % par rapport à 2019 contre 16 % entre 2018 et 2019. La part du lait bio atteint en moyenne près de 13% de la collecte totale en Occitanie sur les mois de janvier à novembre 2020.
Lait de chèvre : Des volumes collectés en hausse
Les livraisons à l’industrie de lait de chèvre en Occitanie s’élèvent à 61,1 millions de litres collectés de janvier à novembre 2020, soit 8 % par rapport à 2019. L’évolution est la même en bio qu’en conventionnel, la part du bio représentant 5 % des volumes régionaux.
La crise sanitaire de 2020 aurait favorisé la consommation de fromage de brebis et de chèvre
Au mois de novembre 2020, les achats de fromage de brebis et de chèvre par les ménages étaient de +7% par rapport à 2019. La tendance, observée depuis quelques années, aurait été amplifiée par le premier confinement.
Viande : des volumes abattus en baisse pour les bovins et ovins
Pour les bovins, l’effectif du cheptel et les volumes abattus reculent respectivement de -1% et de -2.6%. Les prix sont en baisse, à cause de la crise sanitaire qui pèse sur les marchés. En particulier, la chute des débouchés vers la restauration hors domicile a fortement impacté les cours.
Pour les ovins, le volume total d’ovins abattus dans la région est en baisse de 5 % par rapport à 2019. La baisse de la production couplée à des importations plus faibles liées au contexte de la crise du Covid19 font monter les cotations.
Pour les porcins, les volumes abattus de porcs sont en hausse de 3 % entre 2019 et 2020. Entre janvier et août, les cours chutent avant de se raffermir un peu jusqu’en novembre puis poursuivre de nouveau leur baisse.
Prairies : Le déficit hydrique impacte la production des prairies d’Occitanie, mais cet impact est moindre que dans le Nord-Est du Pays
Comme dans le reste du pays, les conditions hivernales très douces en début d’année et les pluies satisfaisantes au printemps favorisent au printemps la pousse des prairies de la région. Au 20 juin, la production des prairies estimées supérieure de 12% à la production de référence.
Cependant, les chaleurs et le déficit hydrique de l’été ont ralenti et parfois stoppé la pousse de l’herbe. Les prairies d’Occitanie ont été touchées par cette sècheresse plus tard et moins violemment que d’autres régions de France, néanmoins la pousse d’été-automne (du 20 juin au 20 octobre) est estimée à moins de 20% de la pousse d’été automne de référence.