Gestion de la présence de l’aleurode épineux du citronnier Aleurocanthus spiniferus (Gard et Hérault)

Originaire du Sud-Est de l’Asie, l’insecte aleurode épineux du citronnier Aleurocanthus spiniferus s’attaque à un grand nombre d’espèces végétales, et il a été détecté en Europe suite à son introduction, à partir de 2008 en Italie, puis en Grèce, en Croatie, au Monténégro et en Albanie ; ainsi que dans d’autres régions du monde dont l’île de La Réunion en 2013.

Situation en Occitanie

Il est désormais présent en France métropolitaine, où il a été officiellement détecté pour la première fois au mois de juin 2023 dans les département du Gard et de l’Hérault, sur diverses espèces végétales.

Suite au signalement d’une suspicion de présence en juin, au 19 décembre 2023 la DRAAF-SRAL a officiellement identifié l’insecte sur les communes de Aigues-Vives, Aimargues, Aubord, Bernis, Beauvoisin, Bouillargues, Caveirac, Congénies, Junas, La Calmette, Langlade, Le Cailar, Nîmes, Saint-Gilles, Saint-Laurent-d’Aigouze, Sommières, Uchaud, Vauvert et Vestric-et-Candiac (Gard) ainsi qu’à Lansargues, Lunel, Lunel-Viel, Marsillargues, Montpellier, Saint-Just, Saint-Nazaire-de-Pézan et Valergues (Hérault). L’insecte a également été détecté de façon localisée à Boisseron (Hérault).

Suite à un nouveau signalement confirmé, la situation sanitaire sur la commune de Montpellier reste en cours de détermination. Toute observation ou suspicion de présence de l’insecte doit y être signalée à la DRAAF-SRAL (voir plus bas "Comment agir ?").

La situation régionale a été présentée à l’occasion de la réunion du CROPSAV Occitanie du 30 novembre 2023, voir les détails dans le support de présentation disponible ici.

Les genres et espèces botaniques suivants ont été trouvés infestés (dont certains fortement infestés) sur ces communes :

  • Araliaceae : lierre (Hedera), faux-aralia (Fatsia japonica),
  • Caprifoliaceae : chèvrefeuille (Lonicera),
  • Ebenaceae : kaki (Diospyros),
  • Fabaceae : arbre de Judée (Cercis siliquastrum), arbre à soie (Albizia julibrissin),
  • Lythraceae : grenadier (Punica granatum),
  • Magnoliaceae : magnolia (Magnolia),
  • Rosaceae : fruitiers à pépins ou d’ornement tels que pommiers, poiriers, cognassier, néflier, aubépine, amélanchier, buisson-ardent (Malus, Pyrus, Cydonia oblonga, Eriobotrya japonica, Crataegus, Amelanchier, Pyracantha), photinia (Photinia), laurier-cerise (Prunus laurocerasus), rosier (Rosa),
  • Rutaceae : agrumes (Citrus), poivre du Sichuan (Zanthoxylum piperitum),
  • Salicaceae : saule gris (Salix cinerea),
  • Simaroubaceae : ailanthe (Ailanthus altissima),
  • Vitaceae : vigne (Vitis vinifera), vigne vierge (Parthenocissus).

Des dégâts (jaunissements ou taches sur feuilles, production abondante de miellat, formation de fumagine, affaiblissement de la plante) associés à la présence de l’aleurode ont été observés sur certains des sites infestés, et les autorités en charge de la protection des végétaux appellent à la vigilance et à la mobilisation de tous.

La situation reste évolutive, et les nouvelles détections officielles (nouvelles communes concernées ou nouvelles espèces végétales trouvées infestées) seront communiquées sur ce site.

Biologie et diagnostic

Cet organisme nuisible aux végétaux est très polyphage : il s’attaque à une grande diversité d’espèces.

L’aleurode épineux du citronnier s’alimente sur les feuilles des végétaux, et affaiblit la plante. Il excrète de plus un miellat abondant et collant qui conduit au développement d’une couche noirâtre (la fumagine), empêchant la photosynthèse et la respiration de la plante. De fortes infestations peuvent entraîner la chute des feuilles et même conduire à la mort de jeunes arbres ou plantes trop affaiblies.

Les larves sont regroupées en colonies immobiles sur la face inférieure des feuilles : de petite taille (entre 0,3 et 0,8 mm), noires avec une marge blanche constituée de courts filaments de cire. Les adultes possèdent des ailes gris-bleu avec des points blancs et ne mesurent pas plus de 1,7 mm.

Une fiche de reconnaissance a été publiée par la Plateforme ESV :

Statut réglementaire

Du fait de sa dangerosité notamment pour la production d’agrumes, cet aleurode est considéré comme organisme de quarantaine dans l’Union européenne (règlement (UE) 2016/2031 et règlement d’exécution (UE) 2019/2072), dont l’introduction et la dissémination sont interdites sur l’ensemble du territoire. La lutte est de plus obligatoire en vue de son éradication ou, s’il est constaté officiellement que l’éradication est impossible, en vue de son enrayement (règlement (UE) 2022/1927).

Afin de préciser ces dispositions, les mesures applicables sont définies par l’arrêté préfectoral du 26 décembre 2023.

Restrictions à la circulation de végétaux

Dans les communes de la zone infestée, la circulation de végétaux destinés à la plantation des genres et espèces spécifiés (voir liste des espèces hôtes d’Aleurocanthus spiniferus (19/12/2023)) produites sur ces communes est soumise à des exigences particulières :

  • Constatation officielle (par le service en charge de la protection des végétaux ou son délégataire) que le lieu de production est exempt de l’organisme nuisible - lorsque cela est possible ;
  • ou réalisation par l’opérateur professionnel de traitements appropriés, sous le contrôle du service en charge de la protection des végétaux ou son délégataire), pour garantir l’absence de l’organisme nuisible, et vérifier l’absence dudit organisme avant mise en circulation.

Consultez les spécifications du protocole à mettre en place dans les établissements producteurs ou revendeurs de végétaux situés en zone infestée :

Comment agir ?

Signaler une observation

Toute observation d’insectes "suspects" par un opérateur professionnel ou un particulier (qu’il s’agisse de larves ou d’adultes) doit être signalée sans délai à la DRAAF-SRAL Occitanie, en joignant si possible une ou plusieurs photos des insectes observés

Dans les communes en zone infestée, seuls les signalements de dégâts importants ou les suspicions de présence de l’insecte sur de nouvelles espèces végétales doivent être adressés à la DRAAF-SRAL.

En cas de détection, le détenteur de la plante doit détruire au plus vite les parties de végétaux infestées (ou les végétaux entiers en cas de forte infestation)

  • soit par incinération (dans le respect des restrictions à l’usage du feu en vigueur),
  • soit en les enfermant dans des sacs hermétiques pendant au moins deux semaines.

Des traitements insecticides à base d’huiles minérales, paraffiniques ou huiles essentielles d’orange, à action physique (contact/asphyxie) sur les larves, peuvent être conseillés dans le respect des usages autorisés pour ces produits, sur les plantes assainies, dès lors qu’une infestation peu importante sans développement de fumagine est observée.
D’autres traitements insecticides efficaces existent, réservés à un usage professionnel et à la possession d’un Certiphyto.
Enfin, des auxiliaires de lutte biologique peuvent être utilisés, en particulier la coccinelle des aleurodes Delphastus catalinae.


Partager la page