Bilan annuel de la conjoncture 2019
Bilan annuel de la conjoncture 2019

Année 2019 : reprise des céréales et une récolte viticole en baisse
L’année 2019 se caractérise par un printemps très instable qui a eu un impact sur les productions agricoles de la région. Le gel a impacté la floraison, surtout en Roussillon, et les vents forts ont marqué les fruits entraînant un défaut de qualité. Malgré un travail des terres tardifs, les rendements en céréales à pailles ont été bons dans la région en 2019. Côté viticulture, une récolte inférieure à celle de 2018 avec des situations très hétérogènes mais un état sanitaire du vignoble très bon grâce aux chaleurs de l’été.
Sommaire
Des implantations tardives mais une belle collecte de céréales à paille
Une récolte viticole en baisse après une année 2018 marquée par de beaux volume
Une campagne de légumes 2019 impactée par une concurrence européenne et une météo instable
Une production régionale en fruits d’été en hausse
Une production 2019 contrastée pour les filières animales
En 2019, les cours de l’ensemble des produits agricoles
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Des implantations tardives mais une belle collecte de céréales à paille.
La mise en place de la campagne 2018-2019 est marquée par des semis difficiles. Les fortes températures et conditions sèches de la fin d’été entraînent une baisse des surfaces cultivées en colza. Les précipitations automnales, particulièrement denses sur la zone méditerranéenne, engendrent par ailleurs des retards de récolte pour les cultures d’été puis des semis tardifs pour les céréales d’hiver. Les semis sont réalisés jusqu’au mois de janvier 2019, dans l’Aude principalement.
Suite à la mauvaise campagne précédente ainsi qu’à des facteurs économiques défavorables et aux difficultés d’implantation, la baisse de surfaces en blé dur se confirme (-33,5 %) au profit de l’orge (+8,2 %) et du blé tendre (+7 %) sur toute l’Occitanie.
Les cultures en place sont globalement bien implantées sur l’ouest de la région mais souffrent d’un déficit hydrique sur le bassin méditerranéen.
Finalement, en dépit des 2 épisodes caniculaires de fin juin et fin juillet, au niveau régional, les rendements en céréales à paille sont bons à très bons et la qualité au rendez-vous, voire excellente pour le blé dur. Malgré une baisse des surfaces cultivées importante, la production de blé dur n’accuse une perte que de 8 % par rapport à 2018. La production de blé tendre augmente de 43 % et celle d’orge de 44 %.
Les conditions de semis pour les cultures de printemps ont été dans l’ensemble favorables. La sole de maïs est en hausse de 11 % par rapport à 2018. Globalement, les rendements des cultures d’été sont hétérogènes. Les maïs sont récoltés en retard mais les rendements restent dans la moyenne. Pour les oléagineux, malgré des rendements corrects, la tendance est à la baisse pour les surfaces et productions de colza comme de tournesol. La sole de soja progresse de 9 %.
La forte production mondiale de blé tendre en 2019 engendre une concurrence internationale importante, pesant sur les prix du blé (170 €/tonne au 1er juillet 2019 contre 190 €/tonne au 1er juillet 2018 - cotation rendu Rouen). Le cours se redresse en fin d’année.
Contrairement au blé tendre, la bonne qualité du blé dur ainsi qu’une offre plus rare qu’en 2018, ont permis un raffermissement des cours dès le mois de juillet 2019. Ils avoisinent les 260 €/tonne en fin d’année, soit +45 €/tonne par rapport l’année précédente (cotation Port-la-Nouvelle).

Une récolte viticole en baisse après une année 2018 marquée par de beaux volume.
En 2019, la production de vins française s’établit à 42,4 millions d’hectolitres, en baisse de 11 % par rapport à 2018. Alors que la vendange se déroule dans de très bonnes conditions avec un état sanitaire remarquable, la production régionale s’établit à 14,6 millions d’hectolitres, en baisse également de 6 % par rapport à 2018 mais avec des situations très hétérogènes selon les secteurs. Seule la partie ouest de l’Aude et une partie des vignobles de l’ouest-héraultais affichent une récolte moyenne. Dans beaucoup de secteurs du bassin Sud-Ouest de la région, les volumes de raisins récoltés sont décevants à cause du manque d’eau et de la canicule de l’été.
La campagne de commercialisation 2018-2019 est caractérisée par des disponibilités régionales en début de campagne similaires à celles de la campagne précédente à hauteur d’environ 22,2 millions d’hectolitres. Un total des affaires enregistrées en Occitanie en fin de campagne sur l’ensemble des vins sans indication géographique (SIG) et avec indication géographique protégée (IGP) est de 8,2 millions d’hectolitres, soit 0,6 % de moins que lors de la campagne précédente avec des situations très contrastées selon le type de vin. Toutefois, les vins biologiques voient leurs prix de transactions encore augmenter de 16 % sur les vins IGP et de 20 % sur les vins sans IG par rapport à l’an dernier.
Du côté du commerce extérieur, l’année 2019 est marquée par des inquiétudes autour des vins d’appellation d’origine protégée (AOP), dont le marché Américain occupe une place importante avec 26 % des achats, suite aux annonces de taxations du président Trump en rétorsion des subventions européennes versées à Airbus. Par ailleurs, le fléchissement du marché chinois observé en 2018 se confirme. Les exportations de 2019 vers le marché asiatique baissent de 10 % des volumes échangés sur le premier semestre 2019. Le marché Chinois se tournerait, depuis 2017, vers l’offre australienne suite à un accord de libre échange signé en 2015. L’Australie devient progressivement le premier partenaire commercial de la Chine.

Une campagne de légumes 2019 impactée par une concurrence européenne et une météo instable
Après un printemps froid et humide, la campagne melon peine à se mettre en place malgré une concurrence espagnole affaiblie par les aléas climatiques. Le marché est plus dynamique pendant les deux premières semaines de juillet puis rentre en crise après la fête nationale. Tout le reste de la campagne, l’offre et la demande demeurent tributaires des alternances pluie-soleil.
L’année 2019 a été marquée par une crise historique sur toutes les gammes variétales de la tomate y compris les tomates anciennes en début de campagne avec pour cause supposée la mauvaise météo (mauvaise production et demande timide). La filière reprend des couleurs avec le retour du beau temps : même si les périodes de canicule ont endommagé les productions, la demande est présente sur le reste de la campagne.
Côté laitue, après un début de campagne d’été difficile avec des prix bas et une inadéquation entre l’offre et la demande, le marché de la laitue s’est rééquilibré. L’offre de produits sains en quantité modérée face à une demande elle aussi limitée favorise la remontée des cours. Sur cette campagne d’été avec des conditions de culture compliquées l’arrosage a été important. Le concombre a connu une fin de campagne difficile avec une forte concurrence européenne.
Une production régionale en fruits d’été en hausse
La campagne 2019 débute sous une météo de printemps très instable. Le gel impacte la floraison, surtout en Roussillon, et les vents forts marquent les fruits d’où des défauts de qualité. Ces conditions ne favorisent pas non plus la consommation en abricot. Les productions de cerises, d’abricots et de pêche-nectarine en Occitanie sont en hausse par rapport à la récolte 2018 qui avait été désastreuse pour les cerises. Les cours sont supérieurs à la campagne précédente pour les cerises et les pêches mais en diminution pour les abricots non AOP.
Une production 2019 contrastée pour les filières animales
La production bovine baisse légèrement en 2019. En particulier les productions de vache nourrices et laitières et les volumes abattus suivent cette tendance sauf pour les veaux où la situation s’améliore en fin d’année. Les exportations de jeunes bovins sont en légère augmentation. La production d’ovins est supérieure à l’année précédente mais les abattages sont en baisse, les cours n’étant remonté qu’en fin d’année. Le cheptel porcin tire son épingle du jeu. Le marché ayant été attractif, malgré une baisse de la production, les abattages ont progressé. Les volumes de lait de vache maintiennent leur tendance baissière. La filière canard gras continue de se redresser.
En 2019, les cours de l’ensemble des produits agricoles, mesurés par l’indice des prix des produits agricoles à la production restent à un niveau élevé, malgré une certaine volatilité des cours en cours d‘année. En moyenne les prix s’accroissent du fait de la hausse des légumes, du lait, des porcins et surtout des pommes de terre. L’année se caractérise par deux mouvements inverses : après une première partie d’année en hausse en moyenne sur un an, les prix deviennent inférieurs aux niveaux 2018 en seconde partie d’année.