Note de conjoncture 2026 n°1
Cette seconde note de conjoncture 2025 du SRISET Occitanie dresse le bilan de l’activité agricole régionale au 1er juillet 2026. La prochaine note de conjoncture paraîtra mi-septembre.
Météorologie et ressources hydriques
L’automne 2025 et le début de l’année 2026 sont marqués par un contraste thermique et pluviométrique important. L’anomalie de température reste globalement positive sur la période hivernale. Les précipitations sont très hétérogènes, alternant déficits marqués sur les zones méditerranéennes en automne et excédents records durant l’hiver. Cette situation perturbe la réalisation des travaux agricoles (semis, fertilisation…).
L’hiver 2025-2026 est particulièrement doux, avec une anomalie thermique hivernale de +1,5°C en Occitanie.
Janvier 2026 affiche des températures proches des normales avec des précipitations abondantes.
Février 2026 se distingue par une douceur exceptionnelle (+3°C) et des pluies record (+140 %), liées à une succession de tempêtes (Nils, Oriana, Pedro).
L’ensoleillement reste très déficitaire, notamment sur le littoral méditerranéen.
Le mois de mars 2026 est proche des normales (+0,5°C), avec un cumul de précipitations fortement contrasté entre départements. Les Pyrénées-Orientales enregistrent un excédent de pluie pouvant atteindre 210%. Des épisodes de vents forts et une grêle marquante surviennent le 22 mars, notamment dans l’Hérault, affectant fortement l’arboriculture (abricotiers) et des productions sensibles comme l’oignon doux des Cévennes. Les pluies conséquentes de mars ont permis une recharge exceptionnelle des nappes du pourtour méditerranéen. La sortie d’hiver est difficile sur certains secteurs avec des sols très engorgés. Quelques conséquences agronomiques sont signalées : asphyxies racinaires, impasse sur certains traitements phytosanitaires par manque de portance des sols…
Le printemps 2026 débute par un mois d’avril inhabituellement chaud, il s’agit du plus doux jamais mesuré en Occitanie (+2,5 à +3°C par rapport aux normales). Les précipitations sont très faibles, avec un déficit régional de 50 % et jusqu’à 80 % dans l’Hérault. L’ensoleillement est largement excédentaire (+25 à +30 %), marquant une rupture nette après un hiver maussade.
Mai 2026 est dans la continuité d’avril avec des températures excédentaires (+1,5°C à 2°C en moyenne) et un déficit de précipitations. Plusieurs épisodes orageux violents, parfois grêligènes, interviennent entre fin avril et mi-mai. La fin du mois de mai se conclut par un pic de chaleur exceptionnel dépassant, sur de nombreux secteurs les 30°C, voire même les 35°C.
En fin de printemps, les sols connaissent un assèchement notable et la vidange des nappes se poursuit. Mi-juin les nappes phréatiques de la région reviennent à des niveaux proches des normales après un hiver et un début de printemps excédentaires.
Sources : Météo France, Agreste, OIEau
Figure 1 : Ecarts aux normales des températures et précipitations dans l’Ouest de l’Occitanie (Albi, Anglars, Auch, Cos, Montauban, Rodez, Tarbes, Toulouse)
Figure 2- Ecarts aux normales des températures et précipitations sur le littoral méditerranéen d’Occitanie (Nîmes, Montpellier, Perpignan, Carcassonne)
Prix : suivi des indices nationaux
Prix des moyens de production
Depuis près de deux ans, les prix des intrants agricoles (IPAMPA, Fig.3) étaient relativement stables. Mais la crise au Moyen-Orient est venue perturber cet équilibre. L’indice qui traduit l’augmentation globale des charges (IPAMPA Total) progresse ainsi de 7% entre février et avril 2026 passant de 125 à 134.
Depuis le début de l’année 2026, deux types de charges expliquent quasiment à elles seules la hausse des coûts de production. Il s’agit des postes énergie et lubrifiants d’une part et des engrais et amendements d’autre part qui ont respectivement progressé de 51% et 13% depuis janvier 2026. Ces évolutions sont directement liées au conflit au Moyen-Orient et en particulier au blocage du détroit d’Ormuz. En comparaison avec janvier 2020, les prix de ces intrants ont connu une augmentation substantielle : engrais et amendements : +83 % ; énergie et lubrifiants : +115 %.
Cette pression inflationniste pèse sur la trésorerie des exploitations et leur rentabilité (plus fortement pour celles qui n‘avaient pas consolidé leur stock d’intrants avant la crise). Les filières les plus impactées sont celles dont l’évolution des prix de production n’ont pas permis de compenser la hausse des charges (grandes cultures, la viticulture élevage porcin).
Prix des produits agricoles
En avril 2026, l’indice général des prix à la production (IPPAP, Fig. 4) recule de 2 % par rapport à avril 2025. Cet indice reste inférieur à celui des charges (IPAMPA), ce qui traduit un déséquilibre économique défavorable pour les exploitants agricoles par rapport à la situation observée en janvier 2020.
Cependant, cette tendance globale masque des disparités importantes entre les différentes filières. Les bovins viande continuent leur progression (+20% en un an) et battent un record en avril 2026 avec niveau deux fois plus haut qu’en 2020. Les ovins, quant à eux, se maintiennent à un niveau élevé, proche de celui enregistré en avril 2025.
À l’inverse, les céréales et le vin stagnent à des niveaux comparables à ceux de 2020, sans reprise notable. Les porcins, qui avaient bénéficié d’une période favorable entre 2023 et 2024, connaissent un repli marqué depuis l’été 2025. Enfin, les cours laitiers accusent une baisse de 9 % depuis décembre 2025, contribuant à la dégradation de la conjoncture pour cette filière.
Sources : Agreste-INSEE
Figure 3 : Indices mensuels nationaux des prix agricoles à la production (IPPAP)