Bilan de conjoncture Occitanie 2025
Dans la continuité des deux dernières années, les filières grandes cultures et viticulture subissent encore une conjoncture particulièrement difficile (récoltes médiocres, conditions de marché défavorables). Les revenus, déjà très bas en 2024, devraient encore fléchir en 2025. Les filières animales bénéficient d’une conjoncture économique plus favorable même si la fin de l’année a été impactée par l’émergence d’une nouvelle épizootie affectant les bovins (dermatose nodulaire contagieuse).
Bilan de conjoncture 2025 de la DRAAF Occitanie au format pdf
Météorologie et ressources hydriques
Entre l’automne 2024 et la fin 2025, l’Occitanie enregistre une anomalie moyenne de +1 à +1,5 °C (Fig.4 et 5).
L’automne 2024 débute sous des pluies abondantes provoquant un excès d’humidité des sols, un déficit d’ensoleillement et des retards dans les récoltes d’été, affectant la qualité des récoltes et le calendrier des semis d’hiver.
La fin de l’automne, plus doux et plus sec, permet néanmoins la réalisation des semis des céréales à paille dans des conditions satisfaisantes.
L’hiver 2024-2025 est marqué par une douceur persistante, des températures supérieures aux normales et des précipitations très contrastées (Fig. 4 et 5). Des excédents records, notamment dans le Gard, perturbent la levée des cultures et génèrent des pertes de pieds. Sur le plan hydrologique, la recharge des nappes est globalement favorable, à l’exception des Pyrénées-Orientales où la situation reste très dégradée.
Le printemps 2025 se caractérise par des températures supérieures aux normales saisonnières et une forte variabilité des précipitations. Des périodes de déficit hydrique alternent avec des épisodes orageux intenses parfois accompagnés de grêle, causant des dégâts ponctuels sur les cultures.
Au 1er juin, l’indicateur d’humidité des sols mensuel (SWI- Météo France) est globalement conforme aux normales de saison avec uniquement un léger déficit sur une frange allant du sud de l’Aude à l’est de l’Ariège. Le cumul des précipitations de fin d’hiver et de début de printemps, associé à des températures douces, affectent l’implantation des cultures d’été et induit une pression sanitaire élevée sur les céréales à paille, l’arboriculture et la viticulture.
L’été 2025 présente un caractère très contrasté, marqué par deux vagues de chaleur importantes fin juin-début juillet et mi-août, avec des records de températures dépassant localement les 40 °C. Ces fortes chaleurs entraînent des stress hydriques et thermiques importants, qui pénalisent les rendements de certaines grandes cultures d’été, de la vigne et des productions fruitières et légumières. Ces épisodes sont entrecoupés de périodes orageuses avec de fortes précipitations et des chutes de grêle causant des dégâts localisés et une forte variabilité spatiale des rendements. Malgré les fortes chaleurs, un déficit d’ensoleillement touche certains secteurs en juillet et août, impactant la consommation des fruits et légumes. L’alternance entre chaleur et humidité renforce la pression sanitaire. Les pluies de fin d’été retardent certaines récoltes.
Au 1er septembre 2025, l’humidité des sols est proche de la normale voire légèrement excédentaire à l’ouest de la région. Le sud de l’Aude reste, quant à lui, légèrement déficitaire. Au niveau des nappes phréatiques seuls les Pyrénées-Orientales sont en situation de déficit extrême à la fin de l’été.
L’automne 2025 est hétérogène en Occitanie avec un déficit de précipitations durable sur le pourtour méditerranéen et des excédents dans le nord de la région. Les températures du mois de septembre sont dans les normales, tandis qu’octobre est plus chaud avec un déficit pluviométrique marqué.
Au 1er novembre 2025, les sols sont secs sur le piémont pyrénéen et dans le Languedoc. Les nappes retrouvent des niveaux proches des normales sauf dans le Roussillon mais la fin de l’année est marquée par une nette progression grâce aux précipitations records du mois de décembre dans les Pyrénées-Orientales.
Le manteau neigeux s’est constitué à partir du 15 novembre 2025 mais la persistance de températures douces en décembre a fait fondre la neige. La situation s’améliore fin décembre avec des chutes de neige abondantes sur les massifs des Pyrénées-Orientales, des Hautes-Pyrénées et de la Haute-Garonne.
Sources : Météo France, OIEau, BRGM.
Prix : suivi des indices nationaux
Après les années d’inflation 2022 et 2023, la situation s’est durablement stabilisée depuis 2024. L’indice général des prix à la consommation enregistre une hausse très modérée de +0,8% en décembre 2025 par rapport à ceux de décembre 2024 (Fig.5). Les prix à la consommation de l’alimentation progressent malgré tout de 1,7% entre décembre 2024 et décembre 2025. Les produits manufacturés et surtout l’énergie sont respectivement en repli de 0,4% et de 7%. Les services poursuivent leur croissance autour de 2% comme en 2024.
Dans ce contexte, les indices généraux (IPPAP et IPAMPA) des prix des produits agricoles et des intrants sont quasiment stables depuis un an (Fig. 6 et 7). L’indice général des prix d’achat des moyens de production recule de 0,8% entre décembre 2024 et décembre 2025 quand celui des prix des produits agricoles progresse de 0,6%. Toutefois, les situations sont très variables en fonction des filières.
S’agissant des principaux intrants (IPAMPA Fig.7 et Tab.1), le prix des sources d’énergie, malgré une certaine fluctuation recule sensiblement sur un an (-9,6%). L’alimentation animale ainsi que les produits de protection des cultures régressent également, avec respectivement -0,6% et -4%. A l’opposé, les engrais et amendements progressent nettement sur l’année (+7,4%).
S’agissant des prix des produits agricoles (IPPAP Fig.9 et Tab.2) leur relative stabilité d’ensemble (+2,2%) est le résultat de variations très contrastées entre filières.
La filière ovine affiche des niveaux de prix moyens sur l’année comparables à ceux de 2024 à la faveur d’un début d’année très avantageux.
Les prix moyens sur l’ensemble de l’année dans la filière porcine sont également proches de ceux de 2024. Toutefois la dynamique des cours très défavorable depuis le mois d’août, amène à une baisse de 8,4% des prix entre 2025 et 2024. Cette situation s’explique par une progression du porc ibérique dont les volumes reviennent à leur niveau d’il y a deux ans (avant la crise sanitaire espagnole liée à la maladie respiratoire SDRP).
Le prix du lait s’apprécie sur l’année de +5,2%, atteignant un pic en septembre 2025 (+ 39% depuis 2020).
Sur le marché des gros bovins, la progression est spectaculaire. Le différentiel de dynamique entre la forte baisse des volumes disponibles et la relative stabilité de la demande fait fortement progresser les prix. L’indice IPPAP gros bovin dépasse le seuil des 200 depuis octobre 2025 quand il était inférieur à 150 en décembre 2024. L’évolution entre 2024 et 2025 atteint +26,9%.
Dans le secteur des productions végétales, la situation du vin ne s’améliore pas avec une valeur moyenne 2025 qui reste proche de son niveau de 2020 et égal à celui de 2024 alors que les prix des moyens de production ont progressé de plus de 20% depuis 5 ans. La situation de crise que traverse la filière vitivinicole est toujours bien présente 2025.
Les indices nationaux de prix des céréales sont en forte baisse depuis le second semestre 2025. En décembre, l’IPPAP céréales s’établit à un niveau proche de celui de début 2020. L’évolution entre 2024 et 2025 est de -5,9 %. A l’opposé, quand on observe l’indice IPAMPA de l’énergie et des engrais le contraste est saisissant avec des augmentations respectives de +44% et +56% par rapport à 2020. Cette variation relative des indices illustre le très fort effet négatif des prix sur les marges des exploitations en grandes cultures.
Sources : Agreste-INSEE