Bilan de conjoncture Occitanie 2025

Dans la continuité des deux dernières années, les filières grandes cultures et viticulture subissent encore une conjoncture particulièrement difficile (récoltes médiocres, conditions de marché défavorables). Les revenus, déjà très bas en 2024, devraient encore fléchir en 2025. Les filières animales bénéficient d’une conjoncture économique plus favorable même si la fin de l’année a été impactée par l’émergence d’une nouvelle épizootie affectant les bovins (dermatose nodulaire contagieuse).

Bilan de conjoncture 2025 de la DRAAF Occitanie au format pdf

Météorologie et ressources hydriques

Entre l’automne 2024 et la fin 2025, l’Occitanie enregistre une anomalie moyenne de +1 à +1,5 °C (Fig.4 et 5).

L’automne 2024 débute sous des pluies abondantes provoquant un excès d’humidité des sols, un déficit d’ensoleillement et des retards dans les récoltes d’été, affectant la qualité des récoltes et le calendrier des semis d’hiver.
La fin de l’automne, plus doux et plus sec, permet néanmoins la réalisation des semis des céréales à paille dans des conditions satisfaisantes.

L’hiver 2024-2025 est marqué par une douceur persistante, des températures supérieures aux normales et des précipitations très contrastées (Fig. 4 et 5). Des excédents records, notamment dans le Gard, perturbent la levée des cultures et génèrent des pertes de pieds. Sur le plan hydrologique, la recharge des nappes est globalement favorable, à l’exception des Pyrénées-Orientales où la situation reste très dégradée.

Le printemps 2025 se caractérise par des températures supérieures aux normales saisonnières et une forte variabilité des précipitations. Des périodes de déficit hydrique alternent avec des épisodes orageux intenses parfois accompagnés de grêle, causant des dégâts ponctuels sur les cultures.
Au 1er juin, l’indicateur d’humidité des sols mensuel (SWI- Météo France) est globalement conforme aux normales de saison avec uniquement un léger déficit sur une frange allant du sud de l’Aude à l’est de l’Ariège. Le cumul des précipitations de fin d’hiver et de début de printemps, associé à des températures douces, affectent l’implantation des cultures d’été et induit une pression sanitaire élevée sur les céréales à paille, l’arboriculture et la viticulture.

L’été 2025 présente un caractère très contrasté, marqué par deux vagues de chaleur importantes fin juin-début juillet et mi-août, avec des records de températures dépassant localement les 40 °C. Ces fortes chaleurs entraînent des stress hydriques et thermiques importants, qui pénalisent les rendements de certaines grandes cultures d’été, de la vigne et des productions fruitières et légumières. Ces épisodes sont entrecoupés de périodes orageuses avec de fortes précipitations et des chutes de grêle causant des dégâts localisés et une forte variabilité spatiale des rendements. Malgré les fortes chaleurs, un déficit d’ensoleillement touche certains secteurs en juillet et août, impactant la consommation des fruits et légumes. L’alternance entre chaleur et humidité renforce la pression sanitaire. Les pluies de fin d’été retardent certaines récoltes.

Au 1er septembre 2025, l’humidité des sols est proche de la normale voire légèrement excédentaire à l’ouest de la région. Le sud de l’Aude reste, quant à lui, légèrement déficitaire. Au niveau des nappes phréatiques seuls les Pyrénées-Orientales sont en situation de déficit extrême à la fin de l’été.

L’automne 2025 est hétérogène en Occitanie avec un déficit de précipitations durable sur le pourtour méditerranéen et des excédents dans le nord de la région. Les températures du mois de septembre sont dans les normales, tandis qu’octobre est plus chaud avec un déficit pluviométrique marqué.

Au 1er novembre 2025, les sols sont secs sur le piémont pyrénéen et dans le Languedoc. Les nappes retrouvent des niveaux proches des normales sauf dans le Roussillon mais la fin de l’année est marquée par une nette progression grâce aux précipitations records du mois de décembre dans les Pyrénées-Orientales.
Le manteau neigeux s’est constitué à partir du 15 novembre 2025 mais la persistance de températures douces en décembre a fait fondre la neige. La situation s’améliore fin décembre avec des chutes de neige abondantes sur les massifs des Pyrénées-Orientales, des Hautes-Pyrénées et de la Haute-Garonne.

Sources : Météo France, OIEau, BRGM. 

Figure 1 - Écarts (%) aux normales des précipitations en Occitanie en 2025 | Source : Météo France, traitement SRISET
Figure 2 - Écarts aux normales des températures en Occitanie en 2025 | Source : Météo France, traitement SRISET
Figure 3 - Écarts aux normales des températures et précipitations dans l'Ouest de l'Occitanie Stations : Albi, Anglars, Auch, Cos, Montauban, Rodez, Tarbes, Toulouse et ensoleillement station de Toulouse-Blagnac) - voir la transcription ci-dessous
Figure 3 - Écarts aux normales des températures et précipitations dans l’Ouest de l’Occitanie Stations : Albi, Anglars, Auch, Cos, Montauban, Rodez, Tarbes, Toulouse et ensoleillement station de Toulouse-Blagnac) | Source : Météo France, normales 1991-2020, traitement SRISET

Figure 3 - Écarts aux normales des températures et précipitations dans l’Ouest de l’Occitanie
Stations : Albi, Anglars, Auch, Cos, Montauban, Rodez, Tarbes, Toulouse et ensoleillement station de Toulouse-Blagnac)

Figure 4 - Écarts aux normales des températures et précipitations sur le littoral méditerranéen d'Occitanie Stations : Nîmes, Montpellier, Perpignan, Carcassonne et ensoleillement station de Montpellier-Fréjorgues - voir la transcription ci-dessous
Figure 4 - Écarts aux normales des températures et précipitations sur le littoral méditerranéen d’Occitanie Stations : Nîmes, Montpellier, Perpignan, Carcassonne et ensoleillement station de Montpellier-Fréjorgues | Source : Météo France, normales 1991-2020, traitement SRISET

Figure 4 - Écarts aux normales des températures et précipitations sur le littoral méditerranéen d’Occitanie
Stations : Nîmes, Montpellier, Perpignan, Carcassonne et ensoleillement station de Montpellier-Fréjorgues

Prix : suivi des indices nationaux

Après les années d’inflation 2022 et 2023, la situation s’est durablement stabilisée depuis 2024. L’indice général des prix à la consommation enregistre une hausse très modérée de +0,8% en décembre 2025 par rapport à ceux de décembre 2024 (Fig.5). Les prix à la consommation de l’alimentation progressent malgré tout de 1,7% entre décembre 2024 et décembre 2025. Les produits manufacturés et surtout l’énergie sont respectivement en repli de 0,4% et de 7%. Les services poursuivent leur croissance autour de 2% comme en 2024.
Dans ce contexte, les indices généraux (IPPAP et IPAMPA) des prix des produits agricoles et des intrants sont quasiment stables depuis un an (Fig. 6 et 7). L’indice général des prix d’achat des moyens de production recule de 0,8% entre décembre 2024 et décembre 2025 quand celui des prix des produits agricoles progresse de 0,6%. Toutefois, les situations sont très variables en fonction des filières.

S’agissant des principaux intrants (IPAMPA Fig.7 et Tab.1), le prix des sources d’énergie, malgré une certaine fluctuation recule sensiblement sur un an (-9,6%). L’alimentation animale ainsi que les produits de protection des cultures régressent également, avec respectivement -0,6% et -4%. A l’opposé, les engrais et amendements progressent nettement sur l’année (+7,4%).

S’agissant des prix des produits agricoles (IPPAP Fig.9 et Tab.2) leur relative stabilité d’ensemble (+2,2%) est le résultat de variations très contrastées entre filières.

La filière ovine affiche des niveaux de prix moyens sur l’année comparables à ceux de 2024 à la faveur d’un début d’année très avantageux.

Les prix moyens sur l’ensemble de l’année dans la filière porcine sont également proches de ceux de 2024. Toutefois la dynamique des cours très défavorable depuis le mois d’août, amène à une baisse de 8,4% des prix entre 2025 et 2024. Cette situation s’explique par une progression du porc ibérique dont les volumes reviennent à leur niveau d’il y a deux ans (avant la crise sanitaire espagnole liée à la maladie respiratoire SDRP).

Le prix du lait s’apprécie sur l’année de +5,2%, atteignant un pic en septembre 2025 (+ 39% depuis 2020).

Sur le marché des gros bovins, la progression est spectaculaire. Le différentiel de dynamique entre la forte baisse des volumes disponibles et la relative stabilité de la demande fait fortement progresser les prix. L’indice IPPAP gros bovin dépasse le seuil des 200 depuis octobre 2025 quand il était inférieur à 150 en décembre 2024. L’évolution entre 2024 et 2025 atteint +26,9%.

Dans le secteur des productions végétales, la situation du vin ne s’améliore pas avec une valeur moyenne 2025 qui reste proche de son niveau de 2020 et égal à celui de 2024 alors que les prix des moyens de production ont progressé de plus de 20% depuis 5 ans. La situation de crise que traverse la filière vitivinicole est toujours bien présente 2025.

Les indices nationaux de prix des céréales sont en forte baisse depuis le second semestre 2025. En décembre, l’IPPAP céréales s’établit à un niveau proche de celui de début 2020. L’évolution entre 2024 et 2025 est de -5,9 %. A l’opposé, quand on observe l’indice IPAMPA de l’énergie et des engrais le contraste est saisissant avec des augmentations respectives de +44% et +56% par rapport à 2020. Cette variation relative des indices illustre le très fort effet négatif des prix sur les marges des exploitations en grandes cultures.
Sources : Agreste-INSEE

Sources : Insee, traitement SRISET

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Figure 6 - Indices mensuels nationaux des prix d’achat des moyens de production agricole (IPAMPA)
IPAMPA- Indice totalIPAMPA- Engrais et amendementsIPAMPA- Énergie et lubrifiantsIPAMPA- Aliments des animauxIPAMPA- Produits de protection des cultures
2024-09 124 141,4 148 125 110,2
2024-10 124,2 142,7 151 124,8 110
2024-11 124,2 143,2 152,8 124,3 108,4
2024-12 124,4 143,5 154,2 124,5 105,4
2025-01 125,7 147,9 160,5 124,6 105,2
2025-02 125,8 152,9 155 124,8 105,1
2025-03 125,3 155,5 145,1 125 105,5
2025-04 124,6 154,8 137,7 124,8 106,5
2025-05 124,1 152,7 135,5 124,3 106,7
2025-06 124,7 154,2 141,6 123,6 105,7
2025-07 125,1 157,1 143,5 122,7 105,7
2025-08 124,3 157 138,3 121,6 105,6
2025-09 124,1 155,5 142 120,5 105,2
2025-10 124,2 156,6 140,8 119,4 105,1
2025-11 125,1 160,7 148,1 118,3 103,6
2025-12 123,4 161,5 135,4 117,9 102,2
Sources : Insee, traitement SRISET

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Figure 7 - Indices mensuels nationaux des prix des produits agricoles (IPPAP)
IPPAP - Indice généralIPPAP - CéréalesIPPAP - VinsIPPAP - OvinsIPPAP - Gros BovinsIPPAP -PorcinsIPPAP -Lait
2024-09 126,3 116,8 97,6 139,9 145,9 130,6 135
2024-10 127,2 120,2 102,3 143,2 145,4 121,7 135,9
2024-11 127,6 116,2 104,7 149,8 146,8 121,1 137,3
2024-12 129,2 120,1 104,6 155,4 149,2 121,1 137,8
2025-01 130,4 121 103,3 153,6 151,2 121,1 138,3
2025-02 131,2 120,7 103,6 147,9 157,9 121 138,5
2025-03 131,9 116,1 102,5 152,9 165,2 121,3 137,7
2025-04 131,4 111,8 101,8 161 172,2 126,8 136,7
2025-05 128,6 108 100,4 155,6 178,9 127,7 136,8
2025-06 128,3 107,2 100,3 150,4 184,4 129,7 138,3
2025-07 128,3 108 98,4 140,7 185,4 134,1 139,5
2025-08 130,7 106,4 97,2 133,7 190,1 130,4 141,1
2025-09 129,8 102,5 95,9 132 198 121,8 142,1
2025-10 129,1 102 96,4 133 204,5 113 141,1
2025-11 130,9 103,3 105,9 138,6 203,5 110,4 138,4
2025-12 130 102 103,1 146,6 202,4 108,3 137
Tableau 1 : Indice annuel des prix d’achat des moyens de production agricole (IPAMPA) - Base 100 en 2020Source : INSEE

Années

Indice général

Semences et plants

Énergie et lubrifiants

Engrais et amendements

Produits de protection des cultures

Aliments des animaux

2020 100 100 100 100 100 100
2021 109 100 121 134 99 109
2022 134 105 175 235 103 134
2023 131 112 167 175 112 131
2024 125 113 159 145 110 125
2025 125 113 144 156 105 125
Evolution 2024 / 2025 -0,6% 0,1% -9,6% 7,4% -4,0% -0,6%
Tableau 2 : Indices bruts annuels nationaux des prix des produits agricoles à la production (IPPAP) - Base 100 en 2020 – Source : INSEESource : INSEE

Années

Indice général

Céréales

Fruits frais

Gros bovins

Lait

Légumes frais

Oléagineux

Ovins

Porcins

Vins

2020 100 100 100 100 100 100 100 100 100 100
2021 111 129 114 107 104 107 145 109 96 106
2022 135 183 106 138 124 108 186 119 120 119
2023 131 133 112 143 131 119 123 123 144 108
2024 127 116 115 144 132 120 122 140 133 101
2025 130 109 117 183 139 117 127 146 122 101
Evolution 2024 /2025 2,2% -5,9% 1,4% 26,9% 5,2% -2,7% 3,9% 4,0% -8,4% 0,0%

Viticulture

Après une récolte mondiale historiquement basse en 2024, la récolte 2025 s’annonce, selon l’organisation internationale de la vigne et du vin (OIV), légèrement plus abondante avec 232 Mhl. Cette prévision de production se situe 3% au-dessus du niveau de 2024 mais reste inférieur de 7% à la moyenne quinquennale. En France, la récolte nationale est comparable à celle de 2024 avec seulement 36 Mhl (-16% par rapport à la moyenne 2020-2024). La France reste ainsi à la seconde place mondiale des pays producteurs de vin derrière l’Italie.

Campagne de production
La campagne 2025 démarre de façon assez comparable à celle de 2024. Sur l’ensemble des vignobles de la région, les précipitations du printemps sont relativement abondantes et permettent d’assurer un bon développement végétatif y compris dans les Pyrénées-Orientales qui ont subi des épisodes de sécheresse répétés entre 2021 et 2023. Sur certains secteurs, comme l’an passé, du fait des conditions humides, la pression cryptogamique nécessite une gestion précise et assidue des moyens de lutte. En revanche, cette année aucun épisode de gel massif n’est à signaler.
L’été, marqué par des contrastes très importants entre forts coups de chaleur (fin juin et mi-août) et épisodes orageux, conduit à une grande hétérogénéité des situations avec des impacts significatifs sur les différents vignobles.
Dans ce contexte, au 1er novembre, la production viticole 2025 de la région Occitanie s’établit à 10,88 millions d’hectolitres, en repli de 7,2 % par rapport à la campagne précédente et inférieure de 22,5 % à la moyenne décennale. Les rendements comme les surfaces en production sont en baisse.
Dans la partie régionale du bassin Sud-Ouest la production est estimée à 1,75 Mhl, niveau en repli de -4 % par rapport à 2024 et inférieur de 25,1 % à la moyenne décennale. Si les rendements sont stables par rapport à 2024, le potentiel de vignes en production a été réduit par le plan d’arrachage, notamment dans le Tarn et le Lot.

Evolution des surfaces
Entre 2020 et 2025, les surfaces en vigne sont en régression dans la quasi-totalité des départements de la région (Carte 1). Cette dynamique est le résultat d’une baisse tendancielle entre 2020 et 2024 accentuée depuis 2025 par la mise en place d’une aide exceptionnelle à l’arrachage avec plus de 16 000 ha concernés en Occitanie Dans l’Aude, l’impact de l’incendie des Corbières vient s’ajouter à ces deux effets (12 000 ha brûlés dont environ 10% de surface en vigne).

Marché des vins
Dans un contexte de baisse tendancielle de la consommation mondiale et nationale, les enjeux commerciaux sont existentiels pour la filière viticole régionale (selon l’OIV -9% entre 2019 et 2024 à l’échelle mondiale comme en France).
En Occitanie, le suivi de la campagne du marché du vrac 2024/2025 réalisé par FranceAgrimer pour les vins SIG (Sans Indication Géographique) et IGP (Indication Géographique Protégée) montre un léger regain de dynamisme par rapport à 2023/2024. Tous segments confondus, les volumes échangés progressent de 7% par rapport à la campagne 2023/2024. Au niveau des prix, après une période de baisse continue lors des campagnes précédentes, on constate une relative stabilisation avec un repli de « seulement » 1% par rapport à la campagne 2023/2024. Toutefois, la comparaison aux moyennes des 5 dernières campagnes (2019 à 2023) montre que la situation reste à ce jour dégradée avec des écarts de -7% par rapport au volume annuel moyen et des prix inférieurs de 4% (Fig. 9).
Les principaux faits marquants de cette campagne de suivi du marché du vrac en Occitanie sont :

  • des volumes IGP faibles malgré une légère progression par rapport à 2023/2024,
  • une progression continue des volumes de vin SIG depuis 2022,
  • une relative stabilité des prix en IGP et une situation contrastée pour les vins SIG,
  • une progression des volumes en BIO à bas prix.

Une situation économique critique
La campagne 2024-2025 du marché du vin en vrac en Occitanie se caractérise par des prix relativement stables qui se situent à des niveaux très bas, bien en deçà des moyennes quinquennales et triennales.
Le suivi des indicateurs nationaux des prix de vente du vin et des charges sur les exploitations viticoles (IPPAP et IPAMPA, Fig.10) met en lumière les difficultés économiques rencontrées par la filière. En effet, depuis 2022, on observe une baisse significative des prix des vins qui ne compense pas la hausse des coûts de production en viticulture (IPAMPA Otex viticulture).
L’analyse des résultats économiques des exploitations viticoles (RICA, Agreste) montre une dégradation très nette depuis 2020. L’excédent brut d’exploitation moyen se rétracte de 52% entre 2020 et 2024. Le résultat courant avant impôt moyen par actif non salarié plonge sur la même période de 25k€ à seulement 1k€. Plus de 25% des exploitations présentent même un RCAI/utans inférieur à -17k€ en 2024.

Sources : Agreste, Estimations SRISET, FranceAgrimer, OIV

Sources : statistique agricole annuelle 2020-2024 et données provisoires 2025 (Agreste – Douanes)

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Figure 8 - Evolution de la production de vin en Occitanie et en France Données en Base 100 en 2019 et valeur absolue de l’estimation 2025 au 1er novembre
Bassin Languedoc-RoussillonBassin Sud-Ouest (partie Occitanie)France
2019 100 100 100
2020 103,3278025 109,1505685 110,5240291
2021 79,59777684 83,16817161 89,19622942
2022 104,2342371 86,47471216 108,5638309
2023 90,13871807 80,48199776 111,491843
2024 81,59899045 74,82762346 85,2424091
2025 p 77,37342289 74,40424291 88,14872175
Source : Agreste SSP, traitement SRISET

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Figure 10 : indices mensuels nationaux des prix des produits agricoles (IPPAP vins) des prix d’achat des moyens de production toutes Otex et viticulture (IPAMPA) et des prix observés sur le marché des vins en vrac en Occitanie
IPAMPA- Otex Viticulture d'appellationIPAMPA - Otex Autre ViticutureIPAMPA- Indice total (Toutes Otex)IPPAP Vins nationalPrix vins IGP Vrac Occitanie (base 100)Prix vins SIG Vrac Occitanie (base 100)Prix vins BIO Vrac Occitanie (base 100)
janv.-20 101 101 101 100 100,00 100,00 100,00
févr.-20 101 101 101 102,6 97,89 99,40 96,52
mars-20 100 100 100 105,5 101,78 103,48 98,67
avr.-20 100 100 99 100,4 101,48 108,39 97,89
mai-20 100 100 99 100,2 101,85 106,36 98,27
juin-20 100 100 100 99,7 99,22 108,73 97,07
juil.-20 100 100 100 99,4 100,65 102,73 98,29
août-20 100 100 100 98,8 100,72 103,06 92,80
sept.-20 100 99 99 96,1 100,52 95,19 89,19
oct.-20 100 100 100 97,5 99,19 98,54 86,08
nov.-20 100 100 100 97,7 99,12 101,41 88,53
déc.-20 100 100 101 97,6 99,12 105,03 87,76
janv.-21 101 100 102 97,7 98,43 102,22 86,08
févr.-21 102 102 104 98,9 99,28 100,62 87,29
mars-21 103 103 105 97,1 98,38 98,46 88,33
avr.-21 103 103 106 98,8 97,92 97,55 89,26
mai-21 103 103 106 105,1 96,96 100,68 86,66
juin-21 104 104 107 106,8 98,39 100,60 87,72
juil.-21 105 105 109 107 99,68 102,57 87,95
août-21 105 105 109 105,2 99,52 100,11 87,90
sept.-21 106 107 111 108,6 99,67 99,15 83,93
oct.-21 110 111 115 114,3 103,00 102,44 84,63
nov.-21 111 112 117 117,3 107,88 109,77 89,74
déc.-21 112 113 118 119 111,10 119,03 95,24
janv.-22 114 115 121 120,9 111,62 123,82 96,21
févr.-22 115 117 123 121,6 111,74 124,14 95,29
mars-22 122 124 131 121,1 111,76 125,56 94,68
avr.-22 122 124 133 122,6 111,40 125,10 94,69
mai-22 122 124 134 124,7 109,53 126,99 94,22
juin-22 124 126 137 120,5 110,56 124,34 95,49
juil.-22 123 125 136 119,8 113,06 117,20 103,66
août-22 123 125 137 118 113,26 109,38 98,06
sept.-22 124 126 137 114,1 111,74 109,26 96,89
oct.-22 126 128 140 110,9 109,40 113,56 85,65
nov.-22 126 128 139 115,5 109,71 118,42 88,65
déc.-22 124 126 137 112,2 108,27 118,92 86,35
janv.-23 125 127 138 113,3 106,28 118,55 84,71
févr.-23 124 125 136 112,7 104,75 113,99 84,74
mars-23 123 124 135 111,6 102,13 109,45 83,68
avr.-23 122 122 133 109,8 99,77 106,61 86,80
mai-23 121 121 131 110,2 98,28 107,11 85,36
juin-23 120 120 130 110,6 100,26 103,65 85,71
juil.-23 119 119 128 109,2 104,24 102,26 83,56
août-23 121 120 130 105,1 106,73 96,80 81,70
sept.-23 122 121 130 105,4 106,78 99,64 78,91
oct.-23 122 121 129 104 105,16 97,12 76,20
nov.-23 121 120 128 102,4 104,48 103,22 75,18
déc.-23 119 118 127 104,2 104,92 103,66 76,32
janv.-24 120 119 127 104,4 103,55 106,22 75,84
févr.-24 121 120 127 102,1 100,83 104,27 76,96
mars-24 121 120 127 102,9 98,58 100,52 77,33
avr.-24 121 120 127 100,3 98,10 100,89 77,04
mai-24 120 119 126 100,3 100,02 99,71 77,00
juin-24 120 119 126 99,1 99,49 102,64 74,78
juil.-24 120 119 125 95,7 99,14 99,41 78,15
août-24 119 118 124 98,6 97,47 93,31 72,62
sept.-24 119 118 124 98,9 95,60 88,20 72,26
oct.-24 119 118 124 103,5 95,53 90,49 73,77
nov.-24 119 118 124 105,9 98,20 99,96 77,18
déc.-24 119 118 124 105,2 102,16 107,09 79,49
janv.-25 120 119 125,8 103,1 103,60 109,84 74,84
févr.-25 120 119 125,9 103,4 101,74 105,00 78,02
mars-25 120 119 125,3 102,4 99,77 101,27 76,14
avr.-25 119 119 124,7 100,6 98,40 93,04 74,61
mai-25 119,2 118,8 124,2 99,9 97,90 91,51 72,56
juin-25 119,8 119,3 124,8 100,2 98,07 87,27 70,86
juil.-25 120,3 119,9 125,1 98,3 98,48 87,53 69,89
Carte 1 - Surfaces départementales en Vigne en 2025 et évolution entre 2020 et 2025 | Sources : statistique agricole annuelle 2020-2024 et données provisoires 2025 (Agreste – Douanes)
Source : FranceAgrimer Occitanie, traitement SRISET

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Figure 9 a : Volumes vrac cumulés et prix moyens sur l’ensemble des campagnes de 2019 à 2024 en Occitanie
CampagneVolume IGP (Vrac)Volume SIG (Vrac)
2019-2020 6 754 319 1 211 018
2020-2021 7 835 025 1 718 979
2021-2022 5 620 400 1 165 296
2022-2023 5 949 305 1 425 885
2023-2024 5 080 723 1 605 163
2024-2025 5 358 255 1 810 513
Source : FranceAgrimer Occitanie, traitement SRISET

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Figure 9 b : Volumes vrac cumulés et prix moyens sur l’ensemble des campagnes de 2019 à 2024 en Occitanie
CampagnePrix moyen IGP (Vrac)Prix moyen SIG (Vrac)Prix moyen BIO (Vrac)
2019-2020 93,1 80,8 181
2020-2021 91,4 79,9 159
2021-2022 103,1 96,9 174,1
2022-2023 97 90 156,3
2023-2024 93,9 81,7 140,8
2024-2025 93,2 79,9 136,7

Grandes cultures

La campagne 2024-2025 est encore marquée par son lot d’aléas climatiques. Après de bonnes conditions pour les semis d’automne, l’alternance de pluviométries excessives, de pics de chaleur et d’orages grêligènes a impacté le développement des cultures.

Evolution des surfaces
Les surfaces en blé dur poursuivent leur dégringolade alors que celles en blé tendre regagnent le terrain perdu en 2024. Les cultures mises à mal en 2024 ont fortement impacté les choix d’assolement en 2025. On observe ainsi une forte baisse des emblavements de sorgho, et dans une moindre mesure de soja et de tournesol.

Récolte des cultures d’hiver
Pour les céréales à paille, les rendements sont satisfaisants, bien qu’hétérogènes. Ils sont plus élevés que la moyenne 2020-2024 (+7%) et légèrement supérieurs à 2024 (+1%).
Le volume produit en blé tendre est en hausse de 36% par rapport à 2024, combinant une hausse de surface (+24%) et de rendement (+10%). Il est également au-dessus de la moyenne quinquennale (+13%).
Malgré un rendement en hausse par rapport à 2024 (+5%), les volumes de blé dur sont en diminution de -10% en raison d’une forte baisse des surfaces (-14%). L’Occitanie produit, comme en 2024, 29% de la production nationale de blé dur.
Les volumes collectés en orge augmentent quant à eux de +3% par rapport à la dernière campagne.
La collecte de colza est en hausse de +17% par rapport à 2024, combinant une augmentation de surface (+9%) et de rendement (+7%). Elle dépasse la moyenne quinquennale (+14%).

Récolte des cultures d’été
Les récoltes des cultures d’été, entamées autour du 15 août, ont été perturbées par les intempéries. Les rendements sont dégradés, tout particulièrement en cultures non irriguées.
Le maïs grain présente ainsi des pertes de rendement moyen de -15% par rapport à 2024 soit 8% de moins que la moyenne 2020-2024. En maïs grain non irrigué, les pertes sont très importantes avec un rendement régional de seulement 50 q/ha soit 40% de moins que le rendement moyen 2020-2024. En maïs irrigué, la situation est moins marquée avec un rendement 2025 de 106 q/ha soit 4% de moins que la moyenne 2020-2024.
En tournesol, les rendements sont également très en dessous de la moyenne 2020-2024 (-15%) avec un rendement régional de seulement 17 q/ha. Les parcelles les plus impactées sont celles semées tardivement et celles en floraison lors des pics de chaleur. Les résultats sont hétérogènes en fonction de la réserve utile des sols et de la perte de densité suite aux orages du mois de mai. En sorgho, après les mauvais rendements en 2024 (42 q/ha), ceux de 2025 sont estimés à 38 q/ha soit 20% de moins que la moyenne 2020-2024.
Seul le soja, soutenu par la sole irriguée, se positionne au-dessus de la moyenne 2020-2024 (+11%) et du rendement 2024 (+3%).

Prix payés aux producteurs en Occitanie et prix des moyens de production
A l’image de ce qui est observé sur les cotations nationales (FranceAgriMer), les prix payés aux producteurs d’Occitanie (Enquête trimestrielle FranceAgriMer) sont revenus à des niveaux proches de ceux qui prévalaient avant l’envolée liée à la guerre en Ukraine.
Depuis le premier trimestre de la campagne 2023/2024 (juillet-septembre) les prix payés aux producteurs ont connu une baisse bien plus forte que celles des intrants et autres charges de production (Fig. 12 IPAMPA Otex céréales et oléoprotéagineux) dont le niveau d’ensemble est resté quasiment stable depuis septembre 2023.
Plus précisément, sur deux ans, entre le premier trimestre de la campagne 2023/2024 et le premier trimestre de la campagne 2025/2026, l’indice du prix des moyens de production a reculé de 3% quand les prix du blé tendre et du blé dur payés aux producteurs ont reculé respectivement de 23% et de 30%. Cette situation est moins dégradée pour les oléagineux et plus particulièrement pour le tournesol dont les prix progressent globalement depuis fin 2023.
Depuis la récolte de la campagne 2023/2024, les prix en bio, après avoir connu une très forte baisse en 2023/2024, remontent légèrement sans pour autant atteindre leurs niveaux de 2021.
Sur les deux dernières campagnes, la relative stabilité des charges, combinée à une baisse d’ensemble des prix payés aux producteurs, a fortement compromis la capacité des exploitants à dégager des marges économiques.

Surfaces et rendements en agriculture biologique en Occitanie
Depuis 2023, la dynamique d’évolution des surfaces conduites en agriculture biologique (Bio + conversion) s’est inversée. En 2024 la part des surfaces bio en grandes cultures était de 12% alors qu’elle avait atteint un maximum à 16% en 2022.
L’enquête Terres labourables (Agreste, SSP), donne une estimation annuelle régionale des rendements pour certaines cultures en agriculture biologique. En 2025, le rendement en blé tendre Bio atteint 25 q/ha en Occitanie alors qu’il était de 24 q/ha en 2024. En blé dur, la tendance est inversée avec un rendement 2025 de 22 q/ha contre 23 q/ha en 2024. En soja et en tournesol, les rendements 2025 et 2024 sont stables à hauteur respectivement de 21 q/ha et 13 q/ha.
Pour en savoir plus : bilan de conjoncture 2025 grandes cultures de la Draaf Occitanie.

Sources : FranceAgriMer, Agreste, SAA, INSEE, Agence Bio

Source : Agreste – Statistique agricole annuelle, estimations SRISET

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Figure 11 - Rendements régionaux 2024 et 2025 et rendement moyen 2020-2024
Rendement 2024 Rendement 2025 Rendement moyen 2020-2024
Maïs grain 100 85 93
Sorgho grain 42 38 48
Blé tendre 49 54 48
Orge et escourg hiver 49 50 51
Blé dur 47 50 45
Pois protéagineux 29 23 26
Maïs semence 35 35 32
Tournesol 20 17 20
Soja 24 24 22
Carte 2 : Maïs grain - Rendements départementaux 2025 et leur évolution par rapport à la moyenne 2020-2024 | Carte 2 : Maïs grain - Rendements départementaux 2025 et leur évolution par rapport à la moyenne 2020-2024
Sources : Prix payés aux producteurs en Occitanie, DRAAF-FranceAgriMer - Indices des prix d'achat des moyens de production agricoles (IMPAMPA) dont Otex Céréales et protéagineux, Agreste SSP, traitement SRISET

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Figure 12 - Evolution trimestrielle (T) de l’indice des prix payés aux producteurs en Occitanie et des IPAMPA du 1er juillet 2020 au 30 septembre 2024 (base 100 en 2020)
IPAMPA- Otex Céréales et oléoprotéagineux Blé tendreBlé tendre BIOBlé durMaïsTournesolTournesol BIO
Juil-Sept 20 (T1) 99 100 100 100 100 100 100
Oct-Dec 20 (T2) 99 109 100 109 107 113 100
Janv-Mars 21 (T3) 103 108 100 113 96 116 100
Avr-Juin 21 (T4) 107 108 100 115 106 117 100
Juil-Sept 21 (T1) 112 120 93 144 141 144 120
Oct-Dec 21 (T2) 128 125 93 169 131 154 120
Janv-Mars 22 (T3) 140 132 93 179 141 157 120
Avr-Juin 22 (T4) 153 136 93 185 147 159 120
Juil-Sept 22 (T1) 154 178 84 195 190 192 141
Oct-Dec 22 (T2) 157 181 84 202 188 197 141
Janv-Mars 23 (T3) 148 181 84 203 192 194 141
Avr-Juin 23 (T4) 137 181 84 204 192 189 141
Juil-Sept 23 (T1) 132 144 51 155 152 120 62
Oct-Dec 23 (T2) 131 146 51 161 142 121 62
Janv-Mars 24 (T3) 129 144 51 159 134 122 62
Avr-Juin 24 (T4) 129 143 51 159 134 123 62
Juil-Sept 24 (T1) 127 130 68 121 128 133 95
Oct-Dec 24 (T2) 126 135 68 125 131 150 95
Janv-Mars 25 (T3) 129 135 68 127 129 153 95
Avr-Juin 25 (T4) 128 133 71 126 131 155 101
Juil-Sept 25 (T1) 129 111 69 108 112 160 103
Sources : Prix payés aux producteurs en Occitanie, DRAAF-FranceAgriMer - Indices des prix d'achat des moyens de production agricoles (IMPAMPA) dont Otex Céréales et protéagineux, Agreste SSP, traitement SRISET

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Figure 12 - Evolution trimestrielle (T) de l’indice des prix payés aux producteurs en Occitanie et des IPAMPA du 1er juillet 2020 au 30 septembre 2024 (base 100 en 2020)
IPAMPA- Indice total (toutes otex)IPAMPA- Engrais et amendementsIPAMPA- Énergie et lubrifiants IPAMPA- Otex Céréales et oléoprotéagineux IPAMPA Prodiuits de protection des cultures
Juil-Sept 20 (T1) 99 98 96 99 100
Oct-Dec 20 (T2) 100 98 98 99 100
Janv-Mars 21 (T3) 104 107 112 103 99
Avr-Juin 21 (T4) 106 115 116 107 100
Juil-Sept 21 (T1) 110 131 121 112 100
Oct-Dec 21 (T2) 117 180 136 128 99
Janv-Mars 22 (T3) 125 209 167 140 99
Avr-Juin 22 (T4) 134 240 182 153 102
Juil-Sept 22 (T1) 137 244 173 154 104
Oct-Dec 22 (T2) 139 248 177 157 107
Janv-Mars 23 (T3) 136 214 171 148 111
Avr-Juin 23 (T4) 131 177 155 137 113
Juil-Sept 23 (T1) 129 156 171 132 113
Oct-Dec 23 (T2) 128 153 171 131 112
Janv-Mars 24 (T3) 127 148 167 129 110
Avr-Juin 24 (T4) 126 145 163 129 112
Juil-Sept 24 (T1) 125 142 153 127 111
Oct-Dec 24 (T2) 124 143 153 126 109
Janv-Mars 25 (T3) 126 152 154 129 106
Avr-Juin 25 (T4) 125 154 138 128 107
Juil-Sept 25 (T1) 125 157 141 129 106

Prairies et alimentation animale

En France hors DROM, la pousse cumulée de l’herbe se termine avec un niveau inférieur de 9% à la moyenne quinquennale. Les conditions météorologiques caractérisées par un manque de pluie sur certaines périodes et des températures parfois très élevées de la fin du printemps au début de l’été ont pénalisé les rendements. La fin de l’été et l’automne ont été nettement plus favorables à la production d’herbe avec des précipitations régulières et des températures sans excès.

En Occitanie, le bilan des prairies est mitigé avec une production annuelle déficitaire sur 8 des 13 départements que compte la région. Le déficit est ainsi supérieur à 10% de la normale pour les Pyrénées-Orientales, l’Ariège et le Gers (Carte 3). Il est plus nuancé pour l’Aude, le Gard, la Haute-Garonne, les Hautes-Pyrénées, le Tarn-et-Garonne.).

A l’opposé, la pousse annuelle de l’herbe est légèrement excédentaire pour l’Aveyron, l’Hérault, le Lot, la Lozère et le Tarn (Carte 3). Ces départements représentent plus de la moitié des surfaces en herbe en Occitanie.
Le printemps est rythmé en avril/mai par des phénomènes orageux avec des précipitations normales à élevées. Elles sont combinées à des températures douces à chaudes. En début de campagne, au mois de mai, toutes les régions fourragères ont ainsi une pousse normale ou excédentaire sur les Pyrénées, le centre et nord de la région.

L’été marqué par de forts pics de chaleur a stoppé la pousse de l’herbe dans de nombreux secteurs obligeant certains éleveurs à affourager leurs troupeaux.
Les rendements sont variables en fonction de la répartition des pluies. Le cumul de la pousse de l’herbe dans le sud et l’est de la région restent en dessous des normales au mois d’août. Sur certains secteurs géographiques comme le piémont du Massif Central des conditions automnales plus favorables à la pousse de l’herbe permettent d’atténuer légèrement le déficit annuel.

Les niveaux de production des céréales et des protéagineux à destination de l’alimentation animale suivent les mêmes tendances que l’ensemble des grandes cultures. Le triticale présente des rendements en progression de +4% par rapport à 2024 (+6% par rapport à la moyenne 2020-2024). L’avoine voit, en revanche, ses rendements de dégrader (-5%). Les rendements en féveroles et pois protéagineux ainsi que celui du maïs fourrage sont très dégradés par les conditions estivales. Les baisses de rendement dépassent ainsi les 20% pour ces trois cultures entre 2024 et 2025.

Sources : Agreste – ISOP – météo France – INRAE – estimations SRISET – INSEE

Carte 3- Production des prairies permanentes en 2025 par région fourragère d’Occitanie. | Source : données ISOP-Météo-France, INRAE, fond de carte ©IGN, SRISET-Estimation des rendements en prairie 2025
Sources : statistique agricole annuelle, estimations Sriset

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Figure 13 : Rendements régionaux de quelques cultures valorisables en alimentation animale
Rendement 2024 Rendement 2025 Rdt moyen 20-24
Triticale 40 42 39
Avoine 29 28 29
Féveroles 17 14 16
Pois protéagineux 29 23 26
Maïs fourrage 112 85 91

Productions animales

Bovins viande : des exports de broutards en hausse, des prix élevés et un repli des volumes abattus qui se poursuit
En 2025, l’Occitanie se situait au 7ème rang des régions avec 274 milliers de bovins abattus, soit 6% des effectifs nationaux, affichant une baisse de -5,3% par rapport à 2024, contre -1,2% entre 2023 et 2024. L’évolution régionale est de -1,2% pour les vaches, de -6% pour les génisses et de -7,5% pour les veaux. En lien avec la diminution des abattages qui tend le marché, le cours de la vache de réforme a progressé avant d’entamer un léger repli sur les deux derniers mois de l’année. La cotation vache de type « P » Grand Sud entrée abattoirs standard hors SIQO a oscillé tout au long de l’année entre un minimum à 4,3€/kg en début d’année et un maximum à 6,5€/kg au mois d’octobre 2025, soit +53% par rapport à octobre 2024. La cotation des veaux de boucherie non élevés au pis (classe U) Grand Sud est de 9,11 €/kg en moyenne sur 2025, soit +10% par rapport à 2024 et +17% par rapport à la moyenne 2021-2023.

Depuis un an les coûts de productions diminuent légèrement de 2% (Fig. 15).
Les exports régionaux de broutards sont en hausse de +4% entre 2024 et 2025, profitant des marchés favorables en 2025 et malgré les difficultés de circulation liées aux contraintes sanitaires qui ont touché les départements du sud-ouest.

Selon le Kantar Wordlpanel (KW), la baisse de consommation de viandes de bœuf des ménages français s’accentue. L’évolution des achats de viandes de bœuf de boucherie hors élaborés est ainsi de -10,5% entre 2024 et 2025, elle était de -4,1% entre 2023 et 2024. La consommation de viande hachée fraîche marque un léger recul de 0,5%.

Bovin lait : des volumes en hausse
Entre 2024 et 2025, les volumes régionaux de lait de vache livrés à l’industrie enregistrent une hausse de +3,9%. L’agriculture biologique représentait 8% du total livré en 2025 par les producteurs de la région avec 46,6 millions de litres livrés à l’industrie soit -2,9% par rapport à 2024.

Ovins viande : une baisse des abattages d’agneaux, des prix toujours plus hauts
Avec 19,1 milliers tonnes, le volume total d’ovins abattus dans la région progresse de 3% entre 2024 et 2025. Les volumes abattus d’agneaux augmentent de 3% et ceux des ovins de réforme sont stables.

La pénurie de l’offre à l’internationale et celle des cheptels français se poursuivent. Comme pour les bovins, les coûts de production reculent entre décembre 2024 et décembre 2025 (-3%) (cf. Fig 14).
Selon le KW, la diminution de la consommation de viandes de boucherie ovines des ménages français s’accentue. De -10,8% entre 2023 et 2024, elle est de -13,7% sur entre 2024 et 2025.

Le cours de l’agneau n’en finit pas de battre des records. Le prix de l’agneau couvert R 16/19 kg Grand Sud est de 10,17 €/kg de carcasse en moyenne en 2025 soit +5% par rapport à 2024, mais +41% par rapport à la moyenne 2018-2022.
Ovin lait : volumes en progression
En 2025, l’Occitanie est toujours la première région productrice de lait de brebis avec 222,3 millions de litres livrés à l’industrie, soit 75% des livraisons nationales. La production est hausse de 2,1% par rapport à 2024.
L’agriculture biologique, représente 14% du total livré en 2025 par les producteurs de la région avec 30,4 millions de litres livrés à l’industrie, soit + 0,4% par rapport à 2025.

Caprins lait : hausse des volumes sauf en bio
Les volumes régionaux de lait de chèvre livrés à l’industrie en 2025 enregistrent une hausse de 0,8% par rapport l’année 2024.
L’agriculture biologique représentait toujours 5% du total livré en 2025 par les producteurs de la région, avec 3,1 millions de litres livrés à l’industrie, soit -5,8% par rapport à l’année précédente.

Situation sanitaire
Après les épizooties de Maladie hémorragique (MHE) en 2023/2024 et de Fièvre catarrhale ovine (FCO) en 2024/2025, la Dermatose nodulaire contagieuse (DNC) a fait son apparition en France en juin 2025 en Auvergne-Rhône-Alpes pour toucher ensuite la Bourgogne-Franche-Comté et l’Occitanie. Cette autre maladie virale affecte les bovins et entraîne des pertes de production importantes du cheptel infecté pouvant aller jusqu’au décès. Dans la région, entre le 16 octobre et le 31 décembre 2025, 28 foyers sont confirmés dont 22 dans les Pyrénées-Orientales. Une zone de protection et une zone de surveillance, où s’appliquent des mesures de prévention (renforcement de la surveillance vétérinaire, désinsectisation, abattage de troupeaux contaminés, vaccination…) ainsi que des restrictions sur le déplacement des bovins, ont été mises en place. La première phase d’une campagne de vaccination obligatoire est lancée dans les zones réglementées. Les départements concernés dans la région sont l’Ariège, l’Aude, la Haute-Garonne, le Gers, l’Hérault, les Hautes-Pyrénées, les PO et le Tarn. La vaccination induit des restrictions sur l’exportation des bovins impacte donc les échanges commerciaux.

Porcins : des volumes stables et des cours en berne
Avec près de 103 milliers tonnes, les volumes abattus de porcs dans la région sont stables entre 2024 et 2025. Les évolutions antérieures étaient une hausse de +4% entre 2023 et 2024 et en repli de -5% entre 2022 et 2023.
Les cours chutent depuis la mi-août. La cotation du porc charcutiers de classe U Grand Sud est en moyenne de 1,87€/kg de carcasse en 2025 soit -8% par rapport à 2024 et -14% par rapport à 2023 mais +25% par rapport à la moyenne 2018-2022. En termes de marge économique, le repli des prix des aliments porcins (-6% entre décembre 2024 et décembre 2025) compense légèrement la perte de valorisation sur les carcasses.

Volailles et palmipèdes gras : tendance baissière pour les abattages de canards, et haussière pour ceux des poulets de chair
Avec près de 10,5 millions de têtes, l’effectif régional de canards gras abattus en 2025 affiche une baisse de -5,4% par rapport à 2024. Le rattrapage des niveaux d’avant crise s’était fait entre 2023 et 2024, avec une évolution de +30%. Avec 33,1 millions de têtes, l’effectif régional de poulets abattus est en hausse de +6,4% par rapport à 2024 (+20% par rapport à 2023) et dépasse un niveau record non atteint depuis plusieurs années. La consommation de volaille progresse pour la troisième année consécutive aux dépens des achats de viande de boucherie dont la consommation est en repli. La hausse, plus mesurée, est de +1% entre 2024 et 2025. Elle était de +5% entre 2024 et 2025. Après les deux années (2021 et 2022) de contexte défavorable de crise de l’Influenza aviaire hautement pathogène (IAHP), la situation sanitaire s’est fortement améliorée depuis 2023, avec la mise en place des mesures de biosécurité et des campagnes de vaccination des canards.
Face au retour de plusieurs cas dans la faune sauvage et dans les exploitations d’élevage, la France a réhaussé son niveau de risque pour passer en risque élevé d’influenza aviaire hautement pathogène le 22 octobre 2025, mais hormis un cas de faune sauvage infectée découvert en Haute-Garonne fin octobre 2025 aucun autre cas n’a concerné l’Occitanie.

Sources : Agreste, KantarWorldpanel-FranceAgrimer, GDS France, Enquêtes abattoirs, Enquête mensuelle laitière, Estimations SRISET.

Source : Agreste SSP, traitement SRISET

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Figure 14 – Indices mensuels nationaux (base 100 2020) des prix des produits agricoles (IPPAP) et des prix d’achat des moyens de production (IPAMPA Otex Porcins, Bovins viande, Ovins-Caprins)
IPAMPA Otex Ovins CaprinsIPAMPA Otex Bovins viandeIPAMPA Otex Bovins LaitIPPAP OvinsIPPAP Gros BovinsIPPAP LaitIPAMPA Otex PorcinsIPPAP Porcins
janv.-20 101,4 101,8 101,4 98,2 98,5 101,4 99,4 110,5
févr.-20 101,1 101,4 101,1 96,3 98,6 100,8 99,6 105
mars-20 99,8 99,9 99,9 97,2 99,3 98,3 99,5 109,6
avr.-20 99,1 99,1 99,2 94,7 98,1 96,7 99,5 107,7
mai-20 98,9 98,9 99 96,2 99,7 96,4 99,6 99,7
juin-20 99,3 99,3 99,3 97,5 101,5 97,3 100 97
juil.-20 99,4 99,4 99,4 99,1 101,8 99,6 99,8 95,6
août-20 99,5 99,5 99,5 101,4 101,4 101,5 99,6 95,1
sept.-20 99,2 99,1 99,1 103,3 101 102,7 99,5 99,2
oct.-20 99,8 99,7 99,8 104,1 100,6 102,9 100,2 98,6
nov.-20 100,8 100,5 100,8 105,5 99,8 101,2 101,2 94
déc.-20 101,7 101,3 101,6 106,6 99,8 101,3 102,2 88,1
janv.-21 103,3 102,9 103,2 106,4 100 100,3 104,3 88
févr.-21 105,4 105,1 105,4 103,1 100,7 99,9 106,4 88,3
mars-21 106,5 106,3 106,5 108,1 103,3 98,2 107,5 94,5
avr.-21 106,8 106,5 106,8 111,3 104,1 99,1 108,3 101,3
mai-21 107,7 107,4 107,7 109,6 104,6 99,9 109,5 108,7
juin-21 108,5 108,3 108,5 106,1 105,8 102,7 110 109,1
juil.-21 109,4 109,5 109,5 105,2 106,4 106,3 110,5 100,3
août-21 109,7 109,9 109,8 106,3 108,3 107,8 110,5 97,2
sept.-21 110,9 111,6 111,3 109,8 109,7 109,3 111,6 95,4
oct.-21 114,3 116,3 115,2 112,1 110,9 109,1 113,7 89,3
nov.-21 115,9 118,2 117 116,3 113,3 108,2 116 88,3
déc.-21 117,1 119,6 118,3 118,5 114,3 109,2 118,1 89,4
janv.-22 120,2 122,7 121,3 115,5 116,8 112,1 121,4 89,9
févr.-22 122,7 125,2 123,8 112,2 125 113,3 123,9 91,2
mars-22 132,2 135,8 133,9 114,2 131,5 115,2 130,1 103,5
avr.-22 133,5 136,7 135,3 119 135,7 116,9 134,7 118,2
mai-22 135,7 138,4 137,4 118,7 140,8 119,9 139,4 119,6
juin-22 138,6 141,3 140,2 118,6 142,3 122,7 143,2 120,4
juil.-22 137,6 140 139,2 120,2 142,5 126,9 144,2 128,3
août-22 137,3 139,8 139 119,3 142,8 127,3 144,2 136,4
sept.-22 137,3 140,2 139,3 119,1 143,9 129,9 143,9 140,3
oct.-22 140,7 143,9 142,7 119,5 145,2 133,8 145,5 138,5
nov.-22 140,2 142,8 142,1 123,8 144,4 134,6 145,3 127,8
déc.-22 138,4 140,6 140,2 126,2 143,5 135 144,8 126,7
janv.-23 139,6 141,4 141,2 121,9 143,6 137,2 145,5 132,4
févr.-23 138,3 139,5 139,6 118,2 144,3 136,4 143,9 146,3
mars-23 137,3 138 138,4 122,3 147,1 133,3 143,1 158,1
avr.-23 135,2 135,4 136 125,7 146,1 129 140,7 159,3
mai-23 132,8 133 133,5 123,4 144,6 127,1 138,3 150,1
juin-23 131,4 131,3 131,9 122,4 145,1 127,5 136,8 151,8
juil.-23 130,4 130,1 130,7 121,2 142,6 130,4 134,3 158,3
août-23 131,8 131,8 132,1 119,4 142,9 131,4 134 150
sept.-23 132 132,2 132,4 119,8 145,3 132,6 133,1 140,3
oct.-23 131,1 131,5 131,5 123,5 143,3 131,4 131,8 132,6
nov.-23 130 130,3 130,3 127,7 138,9 130,3 130,1 124,2
déc.-23 128,7 128,8 128,9 131,3 136,9 129,8 129 124,2
janv.-24 128,5 128,7 128,7 130,1 138,7 129,6 128,3 125,2
févr.-24 128,8 129,4 129,1 127,3 141,3 130,2 127,3 129,9
mars-24 128,1 128,8 128,4 136,6 142,2 128,6 125,8 140,1
avr.-24 127,6 128,3 127,9 141,6 141,7 127,6 125 142,2
mai-24 126,1 126,9 126,4 142 143,2 127,6 124,1 140,9
juin-24 126,2 126,9 126,5 140,7 144 129,1 124,4 142,7
juil.-24 126 126,7 126,2 136,8 144,1 132 124,8 144,8
août-24 125 125,6 125,2 135,7 146,2 133,5 124,4 139
sept.-24 124,4 125 124,6 139,9 145,9 135 124 130,6
oct.-24 124,6 125,4 124,9 143,2 145,4 135,9 124,2 121,7
nov.-24 124,6 125,4 124,8 149,8 146,8 137,3 124,1 121,1
déc.-24 124,7 125,6 124,9 155,4 149,2 137,8 124,2 121,1
janv.-25 125,8 127 126,1 153,6 151,2 138,3 124,8 121,1
févr.-25 125,6 127 126 147,9 157,9 138,5 124,9 121
mars-25 124,9 126,2 125,3 152,9 165,2 137,7 124,6 121,3
avr.-25 124,1 125,3 124,5 161 172,2 136,7 124,2 126,8
mai-25 123,4 124,6 123,8 155,6 178,9 136,8 123,9 127,7
juin-25 123,7 125,2 124,1 150,4 184,4 138,3 123,9 129,7
juil.-25 123,8 125,4 124,2 140,7 185,4 139,5 123,1 134,1
août-25 122,8 124,5 123,2 133,7 190,1 141,1 122 130,4
sept.-25 122,7 124,5 123,1 132 198 142,1 121,1 121,8
oct.-25 122,4 124,3 122,8 133 204,5 141,1 119,9 113
nov.-25 123 125,2 123,4 138,6 203,5 138,4 119,6 110,4
déc.-25 121,4 123,6 121,9 146,6 202,4 137 118,6 108,3

Fruits et légumes : suivi de la production et des marchés à l’expédition (RNM)

Les conditions de production 2025 ont été globalement favorables pour les principaux fruits et légumes suivis en conjoncture par la DRAAF Occitanie.
Les alternances entre canicules, pluies orageuses et grisaille ont perturbé les productions. Ces aléas ont affecté à la fois les rendements (courgettes) et la commercialisation (baisse de la demande en fruits d’été). Toutefois, la majorité des productions conserve des estimations de rendement supérieures à 2024 et dans l’ensemble au-dessus des moyennes quinquennales (Fig.15).

La principale difficulté cette année est pour la courgette du bassin Languedoc-Roussillon avec des niveaux de rendement très inférieurs aux moyennes quinquennales (-40%). Cette situation résulte de conditions météorologiques défavorables à cette espèce au premier semestre : déficit d’ensoleillement et excès d’eau dans l’est du Languedoc. Les pics de chaleur estivaux associés à un marché relativement erratique ont également pesé sur les conditions de production 2025 (décalage des calendriers de récolte et de mise en culture).

Contrairement aux courgettes, les concombres, qui sont principalement cultivés sous serre ou sous abris, ont connu une nouvelle année favorable. Les volumes de production sont très satisfaisants et le marché est porteur à l’exception de deux périodes plus difficiles en juin et en septembre (Fig.17). De la semaine 23 à la semaine 25, les cotations au stade expéditions oscillent entre 0,46 € et 0,55 € la pièce soit 18 % de moins que la moyenne quinquennale olympique sur cette période. Le même phénomène est constaté en fin de campagne du fait d’une faible consommation conjuguée à la concurrence des pays du Benelux et de l’Espagne qui sature le marché. Les cours chutent entre les semaines 36 et 39 avec deux semaines reconnues comme crise conjoncturelle au titre de l’article L611-4 du code rural et de la pêche maritime. Pour autant, le bilan économique d’ensemble est positif avec une grande partie de la campagne qui se déroule avec des prix globalement supérieurs à la moyenne.

En melon, la productivité a été, supérieure à 2024 (+7%) et à la moyenne 2020-2024 (+3%). Toutefois, ce résultat d’ensemble masque les nombreux aléas qui ont pu émailler la campagne tant d’un point de vue agronomique que commercial (alternance de grisaille et de fortes chaleurs entraînant une consommation et une production irrégulières avec des périodes de fortes inadéquations entre offre et demande).

Du côté des tomates, les rendements 2025 sont équivalents à ceux de 2024 soit +1% au-dessus de la moyenne 2020-2024. Après un début de campagne prometteur la situation s’est dégradée pour les productions plein air qui ont subi les effets des pics de chaleur estivaux combinés à une pression en ravageurs relativement élevée (punaises, mineuses, acariens).

La production des salades d’hiver (Laitues à couper, Batavia, Romaines, …) de la campagne 2025-2026 (en cours) est estimée en hausse de 9% par rapport à la campagne précédente, à la faveur de rendements qui progressent et d’une surface quasiment stable. Les surfaces en culture restent cependant bien inférieures à la moyenne 2020-2024 (-8%). En Occitanie, une part importante de la production est située dans les Pyrénées-Orientales (31%). Dans ce département la tempête Nils a causé des dégâts significatifs sur les productions. De plus, dans ce même département, le cumul des précipitations excessives entre fin décembre 2025 et mars 2026 a réduit les mises en place des 2ième et 3ième rotations en plein champs. Au niveau commercial, le suivi réalisé par le centre RNM de Perpignan montre un début de campagne (novembre/décembre) difficile avec une très forte concurrence des autres bassins de production nationaux conjuguée à une demande atone provoquant des cours très bas entre 25% et 30% inférieurs à ceux de 2024. A partir de janvier, les conditions météorologiques changent complètement pour s’orienter vers une chute des températures et de fortes pluies. Dans ce contexte froid et humide, la production est en forte diminution avec une consommation toujours en retrait. Les cours s’orientent sensiblement à la hausse, même si certains lots présentent une qualité parfois hétérogène.

En abricot, la campagne est mitigée. On retrouve un niveau de production satisfaisant après une année 2024 difficile. Le rendement moyen progresse de 9% par rapport à 2024 et est conforme à la moyenne 2020-2024. Les prix ont été globalement favorables en début de campagne (Fig.17). Cependant l’abondance de l’offre en juillet entraîne une baisse des cours. Il s’agit d’une conséquence directe du pic de chaleur de juin qui, en accélérant la maturation de l’ensemble des variétés, a perturbé l’étalement habituel de la production pendant la saison de production, générant un pic de production plus accentué. En fin de campagne les cours repartent à la hausse avec une demande plus soutenue.

Pour les pêches et nectarine, les estimations de production sont en repli par rapport au mois de juin du fait d’une météo estivale variable (pluies excessives et pics de chaleur). Le niveau de productivité se situe +5% au-dessus de la moyenne 2020-2024 et en repli de 3% par rapport à l’année précédente. Au niveau commercial (Fig.17) les cours ont été favorables sur une grande partie de la campagne. La situation s’est dégradée vers la mi-août pour atteindre un creux en semaine 36 (1,70€ /kg en Nectarines blanches, cat A). Une situation de crise conjoncturelle est déclenchée le 1er septembre. Les cours repartent à la hausse en toute fin de campagne (S38).

S’agissant des pommes, les rendements sont satisfaisants sur l’ensemble des zones de production régionales. La productivité en Occitanie est ainsi en progression de 5% par rapport à 2024, soit 12% au-dessus de la moyenne 2020-2024. La campagne de cotation des pommes de table du bassin Sud-Ouest suivi par le centre RNM de Toulouse (stade expédition, variétés Gala, Golden, Granny Fig 17) démarre à un niveau sensiblement inférieur à la campagne précédente, à l’exception de la Granny. Elle se prolonge en automne à des niveaux plus bas que lors des deux dernières campagnes. Le niveau des prix pour les Golden et Gala se situe à peine au-dessus de la moyenne olympique quinquennale. En Granny, les cours sont supérieurs à la moyenne olympique mais restent tout de même inférieurs à ceux des deux campagnes précédentes. Sur le mois de décembre, la consommation déjà peu présente s’oriente vers les produits festifs. Le contexte morose (conflits internationaux, pouvoirs d’achat en baisse…) alourdit également cette situation. Le marché est calme à la veille de Noël et du nouvel an, en raison de la fermeture de certaines stations fruitières.

La production en Prune est supérieure à celle de 2024 (+2%) et à la moyenne 2020-2024 (+10%). Cette hausse résulte d’une légère progression des rendements (+1,6% par rapport à 2024) et des surfaces (+1%) Le commerce est dans son ensemble favorable avec des niveaux de prix équivalents aux années précédentes. En début de campagne, le marché est calme mais stable, avec une demande régulière en GMS et une transition variétale progressive, soutenue par des promotions. En août, la demande varie selon les circuits et les variétés. Les volumes de TC-Sun augmentent avec des cours soutenus pour les gros calibres. Les prunes rouges subissent une pression sur les prix liée à des volumes élevés. La Reine-Claude Dorée connaît d’abord une baisse tarifaire due à une qualité hétérogène, puis un redressement avant d’être relayée par la Reine-Claude de Bavay. La variété Président souffre d’une demande irrégulière, notamment à l’export. La Mirabelle termine sa campagne, concurrencée par la Lorraine. En septembre octobre, la consommation reste faible, les stocks élevés en variétés jaunes et rouges, et la qualité hétérogène en TC-Sun et Reine-Claude de Bavay entraîne des cours instables avant une revalorisation finale.

Sources : Estimations SRISET, Agreste, RNM

Source : SAA, Agreste, Estimations SRISET pour l’année 2025

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Figure 15- Rendements régionaux des principaux fruits et légumes suivis en conjoncture en Occitanie
Rendement 2024 Rendement 2025 Rend Moy 2020-2024
Abricot 86 91 93
Pêche et nectarine 190 184 174
Pomme 495 520 441
Prune 130 132 121
Cerise 48 54 44
Melon 238 254 246
Concombre 1 402 1 487 1 506
Tomates LR 853 853 844
Courgettes 275 210 347
Laitues LR 352 383 345
Figure 16- Surfaces (ha) des principaux fruits et légumes suivis en conjoncture en Occitanie en 2025 et évolution (%) par rapport à 2024 | Source : SAA, Agreste, Estimations SRISET pour l’année 2025

Surfaces 2024 Surfaces 2025 Surfaces Moy 2020-2024 evol 24/25
Abricot 3779 3 690 ha 3968 -2%
Pêche et nectarine 5653 5 210 ha 5747 -8%
Pomme 8164 8 278 ha 8175 1%
Prune 3173 3 206 ha 3206 1,04%
Cerise 1427 1 410 ha 1432 -1%
Melon 5961 6 091 ha 5575 2%
Concombre 258 261 ha 240 1%
Tomates 821 923 ha 794 12%
Courgettes 1016 1 118 ha 1070 10%
Laitues 700 703 ha 768 0%

Figure 17- Cotations hebdomadaires des principaux fruits et légumes suivis par les centres RNM en 2025 en Occitanie au stade expédition Cotation en € HT (par kg si non précisé) S10 = Semaine N°10 | Source : Estimations RNM des centres de Perpignan et Toulouse

Centre RNM Produit Variété Catégorie S10 S11 S12 S13 S14 S15 S16 S17 S18 S19 S20 S21 S22 S23 S24 S25 S26 S27 S28 S29 S30 S31 S32 S33 S34 S35 S36 S37 S38 S39 S40 S41 S42 S43 S44 S45 S46 S47 S48 S49 S50 S51 S52
Perpignan Abricot Orangé-rouge roussillon cat. I 40-45 mm plateau 2,4 2,3 2,1 1,7 1,6 1,4 1,5 1,6 1,6
Perpignan Cerise Cerise Rouge Roussillon +24 Plateau le kg 13,0 8,9 6,8 4,8 4,4 4,5
Toulouse Cerise CERISE ROUGE SUD-OUEST 24+ PLATEAU LE KG 5,4 4,9 4,5 4,2 4,2
Perpignan Laitue Laitue pommée colis de 12pièces, la pièce 0,5 0,5 0,5 0,5 0,5 0,5 0,5
Toulouse Melon MELON Charentais Jaune I 750-975g (12L), la pièce 1,2 1,2 1,1 0,9 0,9 1,1 1,3 1,4 1,2 1,0 1,0 1,0
Toulouse Pomme POMME GALA FRANCE CAT I 170/220G PLATEAU 1RG LE KG 1,2 1,2 1,1 1,1 1,1 1,2 1,2 1,2 1,2 1,2 1,2 1,2 1,2 1,2 1,2 1,2 1,2 1,2
Toulouse Prune PRUNE REINE-CLAUDE BAVAY 35-40mm plateau le kg 2,5 2,6 2,6 2,6 2,5 2,5 2,4
Toulouse Prune PRUNE REINE-CLAUDE DOREE 35-40mm plateau le kg 3,2 2,9 2,8 2,8 2,8 2,9
Toulouse Prune PRUNE ROUGE 40-45 Sud-Ouest 1,8 1,8 1,7 1,7 1,7 1,8 1,8 1,8 1,7 1,7 1,7 1,6 1,5 1,5 1,5
Toulouse Prune PRUNE TC SUN I 50-55mm plateau le kg 3,5 3,2 3,4 3,5
Perpignan Pêche et Nectarine Nectarine blanche cat. I A qualité supérieure plt 1 rg 2,9 2,8 2,6 2,7 2,7 2,6 2,4 2,3 2,2 2,1 1,9 1,7 1,7 1,8

Toulouse Ail Violet sec I 60-80mm 70-90mm sac / plt 5kg 5,2 5,2 5,2 5,2 5,2 5,2 5,2 5,2 5,2 5,2 5,2 5,2 5,2 5,5 5,5 5,5 5,5
Perpignan Artichaut Calico colis de 15, 11-13cm la pièce 1,3 1,3 1,2 1,2 1,2 1,2 1,1 1,0 0,9 0,7
Perpignan Concombre Concombre 400-500g Roussillon la pièce 0,9 0,9 0,8 0,8 0,8 0,8 0,8 0,6 0,6 0,6 0,6 0,5 0,6 0,5 0,5 0,6 0,6 0,7 0,9 0,9 0,8 0,8 0,7 0,7 0,7 0,7 0,6 0,6 0,5 0,5 0,5

Sources des données – Méthodes

Les informations présentées dans cette publication qui concernent les rendements, les surfaces et les cours des fruits et légumes, des grandes cultures et de la viticulture en 2025 sont basées sur des estimations précoces de production, ainsi que sur le travail d’enquête et les données du réseau des nouvelles des marchés (RNM). Les estimations précoces de production sont élaborées par le SRISET à partir de données administratives, du suivi d’un échantillon d’exploitations, et d’informations collectées auprès des correspondants agricoles locaux, des organismes professionnels et des agriculteurs. Ces données sont ensuite consolidées pour établir la statistique agricole annuelle. Les données antérieures à 2025 sont celles de la statistique agricole annuelle publiée sur le site internet Agreste (MASA / SSP) ainsi que sur le site internet de la DRAAF Occitanie.

Pour en savoir plus
La rubrique Conjoncture agricole du site internet de la DRAAF Occitanie
La rubrique Statistique agricole annuelle du site internet de la DRAAF Occitanie :
La rubrique Conjoncture agricole nationale du site Agreste
Le site du réseau des nouvelles des marchés (RNM)
Le site Visionet de FranceAgrimer :
Le site de l’INSEE
Les pages économie et conjoncture de la chambre régionale d’agriculture d’Occitanie
[La note de conjoncture des filières Bio d’Occitanie (Inter BIO Occitanie)


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