Vernissage de l’exposition des élèves de première SAPAT du LPA de Narbonne : « Travailler avec la mort : au cœur du cycle de la vie »
Les élèves de première bac professionnel SAPAT (Services aux personnes et animation du territoire) du LPA Martin Luther King ont présenté, à l’occasion d’un vernissage particulièrement émouvant, le fruit d’un travail ambitieux consacré à un thème aussi délicat qu’essentiel : « Travailler avec la mort : au cœur du cycle de la vie ».
Un choix fort, loin d’être anodin. Dans leur vie personnelle comme dans leur futur métier, ces jeunes seront confrontés à la fin de vie, au deuil, à l’accompagnement des familles. Pourtant, rares sont les espaces où l’on apprend réellement à en parler, à comprendre, à réfléchir collectivement à ce que signifie « accompagner ».
Au cœur du projet : la rencontre avec le réel.
Vingt professionnels ont accepté de témoigner : soignants en soins palliatifs, pompiers, personnels hospitaliers, intervenants en EHPAD et à domicile, agents de cimetière, professionnels des pompes funèbres. Tous ont partagé leur expérience avec sincérité et humanité.
Pour les élèves, le défi était de taille : apprendre à formuler des questions pertinentes, mener un entretien avec respect, écouter sans juger, retranscrire fidèlement la parole recueillie, puis transformer cette matière en textes sensibles et construits. Ce travail a mobilisé des compétences professionnelles, mais aussi humaines : posture, éthique, distance, empathie.
Une dimension essentielle du projet a reposé sur le travail de lecture. Les élèves ont exploré des textes littéraires, des témoignages, des réflexions autour des rites, des traditions et des représentations de la mort dans différentes cultures. Cette immersion dans les mots d’auteurs a nourri leur propre écriture.
Les citations présentées dans l’exposition – certaines écrites par les élèves, d’autres issues d’ouvrages étudiés – témoignent de cette rencontre entre la parole des jeunes et celle des écrivains. Elles dialoguent, se répondent et invitent à la réflexion.
Une approche éthique et citoyenne
Le projet a également intégré un travail sur l’éthique et la législation liées à la fin de vie. Comprendre le cadre légal, interroger les valeurs, réfléchir aux responsabilités professionnelles : autant d’éléments indispensables pour de futurs professionnels des services à la personne.
Les enseignantes engagées dans ce projet - Mme Bernadac, Mme Broll et Mme Molina - ont su croiser les disciplines et proposer des approches complémentaires : exposés culturels, ateliers d’écriture, analyses de textes, débats argumentés.
Une véritable démarche pluridisciplinaire au service du sens.
Une mise en scène sobre et poétique
Le résultat présenté lors du vernissage prend la forme d’un recueil de textes et d’images entièrement réalisés par les élèves. L’exposition se distingue par une mise en scène à la fois sobre et poétique. Pas d’effets spectaculaires : le choix a été fait de laisser toute leur place aux mots, aux silences, aux images.
Cette sobriété renforce le propos. Elle invite le visiteur à ralentir, à écouter, à ressentir. La scénographie accompagne le thème avec délicatesse, sans dramatisation, en rappelant que la mort s’inscrit dans un cycle, celui de la vie.
Un projet courageux et nécessaire
Aborder la mort lorsqu’on est en pleine jeunesse demande du courage. Écrire sur ce sujet, exposer publiquement sa réflexion, accepter le regard des autres : tout cela n’est pas anodin. Les élèves ont su faire preuve de maturité et d’engagement.
Le vernissage a également été l’occasion de remercier chaleureusement les partenaires et les professionnels ayant contribué au projet. Leur confiance et leur disponibilité ont permis à cette initiative de prendre toute son ampleur.
Au-delà de l’exposition, ce travail marque une étape importante dans le parcours de ces jeunes : apprendre à parler de ce qui fait peur, comprendre les réalités de leur futur métier, développer des compétences professionnelles solides, mais aussi grandir humainement.
Un projet fort, sensible et profondément formateur, qui rappelle que réfléchir à la mort, c’est aussi mieux comprendre la vie.