Note de conjoncture 2026 n°2
Cette seconde note de conjoncture 2026 du SRISET Occitanie dresse le bilan de l’activité agricole régionale au 1er septembre 2026. La prochaine note de conjoncture paraîtra mi-novembre.
Météorologie et ressources hydriques
L’automne 2025 et le début de l’année 2026 sont marqués par un contraste thermique et pluviométrique important. L’anomalie de température reste globalement positive sur la période hivernale, avec un hiver 2025-2026 particulièrement doux (+1,5°C en Occitanie). Les précipitations sont en revanche très hétérogènes, alternant déficits marqués sur les zones méditerranéennes en automne et excédents records durant l’hiver, ce qui perturbe la réalisation des travaux agricoles.
Janvier 2026 affiche des températures proches des normales avec des précipitations abondantes. Février se distingue par une douceur exceptionnelle (+3°C) et des pluies records (+140 %), liées à une succession de tempêtes (Nils, Oriana, Pedro). Mars reste au niveau des normales (+0,5°C), avec un cumul de précipitations très contrasté selon les départements. Les Pyrénées-Orientales enregistrent un excédent pouvant atteindre 210%. Des vents forts et une grêle marquante surviennent le 22 mars, notamment dans l’Hérault, affectant fortement l’arboriculture (abricotiers) et des productions sensibles comme l’oignon doux des Cévennes.
Les pluies de mars permettent une recharge exceptionnelle des nappes du pourtour méditerranéen, mais rendent la sortie d’hiver difficile sur certains secteurs, avec des sols très engorgés : asphyxies racinaires, impasses sur certains traitements phytosanitaires par manque de portance des sols.
Le printemps 2026 débute par un mois d’avril inhabituellement chaud, il s’agit du plus doux jamais mesuré en Occitanie (+2,5 à +3°C par rapport aux normales). Les précipitations sont très faibles, avec un déficit régional de 50 % et jusqu’à 80 % dans l’Hérault. L’ensoleillement est largement excédentaire (+25 à +30 %), marquant une rupture nette après un hiver maussade. Mai 2026 est dans la continuité d’avril avec des températures excédentaires (+1,5°C à 2°C en moyenne) et un déficit de précipitations. Plusieurs épisodes orageux violents, parfois grêligènes, interviennent entre fin avril et mi-mai. La fin du mois de mai se conclut par un pic de chaleur exceptionnel dépassant sur de nombreux secteurs les 30°C, voire les 35°C. En fin de printemps, les sols connaissent un assèchement notable et la vidange des nappes se poursuit.
L’été est celui de tous les records : cinq canicules se succèdent. L’anomalie thermique dépasse +3°C en juin et août et même +4°C en juillet sur la partie ouest de l’Occitanie. Les précipitations sont déficitaires entrainant un très fort assèchement des sols. Les conséquences agronomiques sont considérables sur la pousse de l’herbe et les grandes cultures d’été (maïs, tournesol, sorgho). Le déficit des nappes phréatiques et les assecs des cours d’eau se renforcent tout au long de l’été provoquant des restrictions d’usage de la ressource en eau. Enfin, de nombreux épisodes orageux ont balayé la région durant l’été, provoquant des dégâts localisés sur les cultures.
Sources : Météo France, Agreste, OIEau
Figure 1 : Ecarts aux normales des températures et précipitations dans l’Ouest de l’Occitanie (Albi, Anglars, Auch, Cos, Montauban, Rodez, Tarbes, Toulouse)
Figure 2- Ecarts aux normales des températures et précipitations sur le littoral méditerranéen d’Occitanie (Nîmes, Montpellier, Perpignan, Carcassonne)
Prix : suivi des indices nationaux
Prix des moyens de production
Depuis près de deux ans, les prix des intrants agricoles (IPAMPA, Fig. 3) étaient relativement stables. La crise au Moyen-Orient est venue perturber cet équilibre : l’indice traduisant l’augmentation globale des charges (IPAMPA Total) progresse de près de 7 % entre janvier et juillet 2026.
Depuis le début de l’année 2026, deux postes expliquent quasiment à eux seuls la hausse des coûts de production : l’énergie et lubrifiants (+38 %) et les engrais et amendements (+11 %).
Depuis mars 2026, le prix des aliments pour animaux progresse également (+3,7 %). Cette tendance risque de s’accentuer nettement dans les mois à venir sous l’effet de l’été caniculaire : le déficit de production fourragère lié à la sécheresse et aux pics de chaleur va accroître la demande et générer des tensions sur le marché de l’alimentation animale.
Prix des produits agricoles
En juillet 2026, l’indice général des prix à la production (IPPAP, Fig. 4) recule de 1,8 % par rapport à janvier 2026. Il reste par ailleurs inférieur de 3 % à celui des charges (IPAMPA), traduisant un déséquilibre économique défavorable par rapport à la situation de référence de janvier 2020. Cette tendance globale masque toutefois des disparités entre filières.
Les prix des bovins viande se situent à un niveau historiquement haut, mais en baisse depuis le record d’avril 2026 ; cette diminution pourrait s’accentuer fortement avec l’été caniculaire, susceptible de provoquer des décapitalisations dès la fin de l’été. Les prix des ovins se maintiennent à un niveau élevé, comparable à 2025, mais exposés au même risque, tout comme les caprins. L’indice des prix du lait (bovin, ovin, caprin) a fortement reculé depuis juillet 2025 (-9 %), accentuant les difficultés des filières d’élevage dans un contexte de déficit fourrager et de hausse prévisible des coûts alimentaires. Les prix des porcins, après une période favorable entre 2023 et 2024, connaissent un repli marqué depuis l’été 2025, malgré une légère progression depuis mai 2026.
Le prix des céréales progresse sensiblement depuis mars 2026 (+17 %), tendance qui semble s’accentuer avec les effets de la canicule estivale sur les ressources alimentaires du cheptel. Cette évolution pourrait compenser, au moins partiellement, les pertes économiques liées aux mauvaises récoltes des cultures d’été en grandes cultures.
Le prix du vin stagne toujours à des niveaux comparables à 2020, sans reprise notable.
Sources : Agreste-INSEE
Figure 3 : Indices mensuels nationaux des prix agricoles à la production (IPPAP)