Organisation et missions du Département de la Santé des Forêts (DSF)
Créé en 1989, le Département de la santé des forêts est en charge de la surveillance sanitaire des forêts françaises. Il comprend un échelon central au niveau du ministère chargé de l’agriculture (direction générale de l’alimentation, sous-direction de la qualité et de la protection des végétaux), qui pilote l’activité de 7 pôles régionaux ou interrégionaux rattachés aux DRAAF des régions qui les hébergent. Cette structure permet de répondre aux objectifs du DSF : suivre l’évolution et l’impact des ravageurs des forêts et identifier d’éventuels problèmes émergents, apporter une expertise aux propriétaires et gestionnaires forestiers.
Réseau :
Le Département de la santé des forêts gère un dispositif de surveillance, de diagnostic et de conseil phytosanitaire pour la forêt. Il s’appuie sur un réseau de plus de 270 forestiers de terrain appelés correspondants-observateurs (CO) qui travaillent dans différents organismes (ONF, CNPF ou services déconcentrés du ministère en charge de l’agriculture). Formés aux problèmes de santé des forêts, ces « CO » sont les référents locaux pour les propriétaires et les gestionnaires qui s’interrogent sur la santé de leurs forêts. L’activité des correspondants-observateurs est coordonnée par chacun des 7 pôles DSF.
Stratégie :
La stratégie du DSF est définie selon trois axes :
- Le suivi spécifique des organismes causant la majorité des dégâts sanitaires en forêt : en forêt française métropolitaine, peu de ravageurs sont responsables de la plupart des dommages sanitaires observés. Des suivis spécifiquement adaptés aux caractéristiques biologiques, spatiales et temporelles de ces causes de dommages permettent de préciser et d’optimiser les observations. Exemple : la processionnaire du pin, les défoliateurs des feuillus, la chalarose etc
- la veille sanitaire : Les correspondants-observateurs signalent tous les problèmes sylvosanitaires qui ne font pas l’objet de suivis spécifiques à l’aide d’une fiche qui prend en compte la gravité des impacts. Il faut entendre par « problème sylvosanitaire » tout dégât, symptôme alarmant ou indice de présence d’une anomalie, identifié ou non, et laissant présager des dommages à venir. Chaque année, 300 problèmes différents sont relevés dans la forêt française de métropole. 1 700 observations sont faites sur les chênes et 1 800 sur les pins. Environ 1 000 échantillons sont envoyés en laboratoire pour préciser les diagnostics. Exemple : les pourridiés racinaires (fomes, armillaire…), les sécheresses, les pucerons, les cochenilles…
- la surveillance des organismes réglementés et émergents : Des prospections dirigées sont nécessaires lorsqu’il s’agit de détecter la présence d’organismes émergents ou envahissants (notamment les organismes réglementés qui peuvent avoir un plan de surveillance national) ou de préciser l’absence d’un tel organisme. Avec les changements globaux et le commerce international, les introductions d’organismes se multiplient (par le passé : le dendroctone du pin, la graphiose de l’orme, l’encre et le chancre du châtaignier, la cochenille du pin… et plus récemment : le cynips du châtaignier, la pyrale du buis, la chalarose du frêne, la cécidomyie du douglas…). Certains organismes font même aujourd’hui partie du paysage sylvosanitaire comme l’oïdium. Ces organismes et les maladies émergentes font l’objet d’observations et de suivis adaptés.
- la santé globale de la forêt : Le réseau systématique de suivi des dommages forestiers (RSSDF ou réseau systématique), est un réseau européen de placettes permanentes, installées tous les 16 km en peuplement forestier, sur lesquelles sont observés et évalués une vingtaine d’arbres par placette chaque année, à la même période estivale. En France, le réseau correspond à environ 600 placettes et 12 000 arbres identifiés sur lesquels différentes données sont recueillies : la mortalité d’arbres, le déficit foliaire par rapport à un arbre de référence, la mortalité de branches, les manques (de ramifications pour les feuillus et d’aiguilles pour les résineux), DEPERIS et les bio-agresseurs ayant entrainé des dommages significatifs. Ce réseau statistique permet des mesures sanitaires sur arbres malades comme sur arbres sains, depuis 1989. Suivi sur le long terme, il rend compte des grandes invasions qui changent le paysage sylvo-sanitaire, comme la chalarose du frêne, mais également de l’évolution globale de l’état de santé de la forêt.
En Occitanie, le DSF s’appuie en 2026 sur un réseau de 38 correspondants-observateurs (16 de l’ONF, 15 pour la forêt privée (CNPF, Chambre d’Agriculture) et 7 pour les services déconcentrés de l’Etat (DDT et DRAAF)) :
Contact DSF : dsf.draaf-occitanie@agriculture.gouv.fr