Contenu

@gro-echos juin 2017 : Vers une reprise de la production, point sur les mesures et le plan de biosécurité

Virus d’influenza aviaire : Point de situation
Depuis 2016, l’Europe est confrontée à une épizootie majeure de l’IAHP due au virus H5N8 introduit d’Asie par les oiseaux migrateurs et qui s’avère particulièrement virulente pour les palmipèdes. A fin mars 2017 au niveau européen ce sont 23 pays avec 1 343 cas dans l’avifaune sauvage et seulement 42 cas dans l’avifaune captive. Trois pays sont fortement impactés : Hongrie, Bulgarie, France.
L’épizootie est mondiale : en 2014-2015, 21 états d’Amérique du Nord sont contaminés. Aujourd’hui des cas sont détectés au sein du Benelux et en Angleterre.
L’origine des foyers est souvent l’Asie. Actuellement la Chine est touchée par le virus H7N9 hautement pathogène et transmissible à l’homme : 1 500 cas humains sont détectés et déjà 600 morts. Le vecteur principal sont les oiseaux d’eau donc des migrateurs. Il est impossible de lutter contre les flux migratoires des oiseaux. Le virus ne cesse de muter donc difficile à éradiquer. Une des solutions de lutte réside alors dans les mesures de biosécurité.

Des mesures de biosécurité encadrent la reprise de l’activité
La mise en œuvre des mesures biosécurité sont nécessaires pour tenter de limiter les risques d’une nouvelle contamination. Ces nouvelles règles posent les bases d’un redémarrage de la filière dans le Sud-Ouest et d’une sécurisation sanitaire de la filière. Elles passent essentiellement par la mise en place de bâtiments conformes aux exigences, une coordination au niveau régional et des conduites d’hygiène strictes. Les principes de base sont : Nettoyer, réduire les déchets, séparer, organiser et communiquer

Elles s’articulent autour de cinq axes majeurs :
- détecter et informer au plus vite, grâce à la mise en place d’un système d’alerte sanitaire par les vétérinaires sous l’autorité des pouvoirs publics. Ce système s’appuie sur un dispositif obligatoire de déclaration de mise en place des animaux dans tous les élevages (tableau de bord des élevages). Cette mesure permettra de ne pas prendre de retard en cas d’influenza détecté.
- mettre en place de nouvelles règles obligatoires de protection des élevages durant la période de migration des oiseaux sauvages (15 novembre-15 janvier), si passage en risque élevé. Elles portent essentiellement sur 3 mesures : le confinement (capacité à garder les animaux à l’intérieur des bâtiments d’élevage), la conduite en bande unique par site d’exploitation (sortie d’animaux+ nettoyage et désinfection +14 jours de vide sanitaire) à partir de septembre 2018 et la détection systématique de la présence ou non de virus dans l’élevage avant tout déplacement d’animaux.
- Application d’une durée de vide sanitaire obligatoire pour tous,
- sécuriser des étapes du transport (dédier des contenants pour le transports de PAG et pour transports de canards gras, protocole de nettoyage et de désinfection des cages).
- professionnaliser l’activité des intervenants extérieurs (formations, guide des bonnes pratiques pour les interventions de personnels en unités de production).
Ces règles de biosécurité, jugées couteuses à mettre en œuvre, sont contestées par une partie de la profession. Elles constituent une menace pour la survie des élevages de petites et moyennes taille.

Le plan de biosécurité et relance de la filière
La relance de la filière palmipèdes à foie gras passe par la signature d’un pacte de lutte contre influenza le 13 avril entre les pouvoirs publics (Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation) et la filière, qui a rassemblé 32 signataires. Ce pacte devra notamment permettre de renforcer de manière pérenne les mesures de biosécurité nécessaires pour sécuriser les élevages et les déplacements d’animaux. Il vise notamment à augmenter la réactivité des filières avicoles face à l’influenza aviaire pour limiter les impacts liés au risque de réapparition de cette maladie.

Il implique pour la filière de se mettre rapidement aux normes et d’intégrer les mesures de biosécurité. Pour le Ministère, de proposer à l’automne une application informatique qui permettra de référencer toutes les exploitations, d’y déclarer de manière exhaustive tous les élevages et toutes les entrées-sorties. Cette application sera couplée à une application SIG.

Le plan de biosécurité, doit être mis en place par chaque détenteur de volailles ou d’autres oiseaux captifs pour l’ensemble de son exploitation. Ce plan vise la réduction du risque d’introduction, de développement et de propagation des virus de l’influenza aviaire. Devant l’hétérogénéité des exploitations concernées, l’Etat, en accord avec les structures professionnelles, a décidé de ne pas imposer un modèle unique. Les détenteurs réalisent d’abord une analyse de risque tenant compte du contexte sanitaire de leur exploitation et de leur environnement. Ils rédigent ensuite leur plan de biosécurité adapté à la réalité de leur exploitation. Ce dispositif d’obligation de résultat permet une plus grande souplesse.

Les opérateurs concernés par cet arrêté sont :
. en priorité les détenteurs commerciaux de volaille (sans distinction de seuil) et
. dans une moindre mesure les détenteurs non commerciaux de volailles, les parcs zoologiques et les détenteurs commerciaux d’autres oiseaux captifs (animalerie).
Le contenu minimum du plan de biosécurité figure en annexe de l’arrêté du 15 juillet modifiant celui du 8 février 2016
Parmi ces éléments figurent :
.le plan de circulation qui permet de délimiter les zones d’activité dans l’exploitation et les plans de gestion des flux, qui permet de montrer comment le détenteur organise ses activités dans le temps et dans l’espace,
.le schéma de base qui consiste à déterminer une ou plusieurs unités de production, au sein desquelles s’applique le fonctionnement en bande unique. Pour certains types de production, l’arrêté prévoit des possibilités d’adaptation à la bande unique.
La mise en œuvre des différentes actions seront suivies de manière régulière au sein du Comité stratégiques d’influenza aviaire et du Conseil spécialisé viandes blanches.

Pour accompagner les détenteurs dans la rédaction de leur plan, les organisations professionnelles ont décidé de confier à l’ITAVI, en accord avec la direction générale de l’alimentation, la production d’outils pédagogiques (dispositif de formation, fiches pédagogiques). Les vétérinaires et les techniciens des organisations de producteurs ou de chambre sont également des interlocuteurs privilégiés.
Pour en savoir plus sur le plan de gestion des effluents
Pour en savoir plus sur les fiches pédagogiques de l’ITAVI
Pour en savoir plus : arrêté du 8 février 2016 relatif aux mesures de biosécurité applicables dans les exploitations de volailles et d’autres oiseaux captifs dans le cadre de la prévention contre l’influenza aviaire
Pour en savoir plus : arrêté du 15 juillet 2016 modifiant l’arrêté du 8 février 2016 relatif aux mesures de biosécurité applicables dans les exploitations de volailles et d’autres oiseaux captifs dans le cadre de la prévention contre l’influenza aviaire.