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@gro-echos décembre 2017 : Une récolte céréalière abondante, un marché difficile mais une industrie de la transformation développée

Des récoltes de céréales abondantes
Les prévisions de production mondiale 2017 de l’United state departement of agriculture atteignent 751 millions de tonnes (Mt) pour le blé tendre et 1 039 Mt pour le maïs. La production de blé russe atteindrait 82 Mt, soit un niveau record. Cette augmentation compense les reculs observés par rapport à 2016 dans plusieurs pays producteurs (États-Unis, Canada, Ukraine, Australie).
La production communautaire de blé tendre est attendue en hausse limitée (environ 5%) du fait de la forte baisse de la production espagnole due à la sécheresse. La France retrouve les niveaux habituels de production grâce à la nette amélioration des rendements en blé comme en maïs et une qualité très satisfaisante notamment en termes de taux de protéines. La récolte de blé tendre s’établerait à 37,5Mt en hausse de 24% par rapport à la petite récolte 2016 et de 5% par rapport à la moyenne 2012-2016. La production de maïs grain est estimée à 13,1 Mt en hausse de près de 12% sur un an. La récolte régionale de céréales à paille n’a pas trop pâti des conditions climatiques du printemps ni de la sécheresse. Elle atteindrait 1,61 Mt pour le blé tendre en hausse de 2%, par contre celle de maïs baisserait de 4% sous l’effet de la réduction des surfaces.

Une activité à l’exportation de blé tendre en demi-teinte
Les céréales françaises ont été pénalisés à l’exportation par de faibles volumes de la récolte 2016 et des niveaux de prix bas. Les niveaux de collecte de la campagne 2016-2017 pour le blé tendre et le maïs sont en baisse au niveau national comme régional ainsi que les stocks au 30 juin 2017.
La nouvelle campagne commerciale française 2017-2018 démarre dans un contexte de marché orienté à la baisse et très concurrentiel. L’origine française est présente à l’export, surtout à destination des pays de l’Union européenne (Belgique, Pays-Bas, Espagne) et plus faiblement vers les pays tiers (Algérie). Après quatre mois de campagne, les embarquements vers les pays tiers, sont légèrement mieux qu’en 2016-2017 (+12%) surtout liée à progression de l’Algérie (+65%) mais les volumes exportés vers les clients traditionnels de la France sont en baisse. D’après FranceAgriMer, les prévisions d’exportations vers les pays tiers pour les mois à venir seraient en retrait, face à la compétitivité des origines mer Noire qui s’écoulent pour le moment sans difficultés logistique. A contrario, les ventes vers l’Union européenne seraient légèrement réajustés à la hausse.

Une industrie de la transformation du grain développée
La France se situe au 2eme rang européen et au 10eme rang mondial de la production de farine. En 2016, la meunerie regroupait 416 moulins, appartenant à 359 entreprises. Elle employait 6 700 personnes. Pour cette production elle utilise en quasi-totalité du blé tendre français à 96,8% et les 3,2% de blé importés proviennent de l’Union européenne (Allemagne et Bulgarie principalement).

L’alimentation animale, débouché majeur de la production céréalière française mais en perte de vitesse
L’industrie de la nutrition animale représente 204 entreprises, 305 usines et 12 000 emplois. Elle produit chaque année plus de 20 millions de tonnes d’aliments pour un chiffre d’affaires de 6,7 milliards d’euros en 2015 (source Coop de France nutrition animale /SNIA).
Pour la campagne 2016-2017, 9,3 millions de tonnes de céréales ont été utilisées, ce qui en fait la première utilisatrice de céréales en grains collectées.
La part du maïs et du blé tendre dans la composition de l’alimentation animale est en baisse depuis 2012, celle des tourteaux de tournesol colza et soja en hausse. Au niveau national le blé tendre se maintient autour de 5,3 millions de tonnes et conserve sa position de leader par rapport au maïs. Les utilisations nationales de céréales pour la fabrication d’aliments du bétail sont en pertes de vitesse, en raison de la faiblesse de la compétitivité des filières animales et aux phénomènes conjoncturels (crises du lait et tension sur le marché du porc, crise sanitaire sur les volailles et palmipèdes).

En Occitanie, la meunerie est un secteur très concurrentiel mais essentiel à la filière céréalière. Elle utilise près de 350 000t de blé tendre chaque année soit environ 20% de la production régionale.

Malgré la diminution des gros acteurs depuis 10 ans, l’Occitanie conserve une soixantaine de moulins, ainsi qu’une quinzaine de moulins avec une activité de production de farines sous label « bio ». Ceux sont le plus souvent des structures de petites tailles. Seuls 2 dépassent les 1 500t d’écrasement, 5 ont des capacités de mises en œuvre de grains entre 100t et 700t. 8 sont des « petits moulins » c’est-à-dire qu’ils ont une activité en dessous des 92t de mises en œuvre. Les débouchés principaux sont la boulangerie artisanale (42% des farines) et la boulangerie industrielle ( 28% des farines).

Une fabrication d’aliments pour animaux de ferme et de compagnie, ancrée sur les territoires
Le secteur de la fabrication d’aliments du bétail (FAB) s’est concentré ses dernières années.
Il y a 20 entreprises de fabrications d’aliments pour animaux en Occitanie. 12 usines mettent en œuvre plus de 10 000t de grains : 9 sur le bassin Midi-Pyrénées et 3 sur le bassin Languedoc-Roussillon dont ROYAL CANIN dans le Gard.
Des groupes ont vu le jour tel SUD-OUEST ALIMENTS (groupe MAISADOUR), SOLEVIAL (groupe UNICOR) ou PRODIAL (filiale du groupe RAGT). Les usines d’aliments restent très proches des territoires d’élevage : secteur à prédominance « maïs » à l’Ouest pour l’élevage des volailles et en particulier des canards gras, élevage ruminants (bovins et ovins) sur l’Aveyron.
La partie Est de la région Occitanie est atypique puisque plus du tiers de la fabrication est réalisée par l’usine ROYAL CANIN à destination des animaux de compagnie.

Au global sur la région, les FAB utilisent 10% du blé tendre produit en région, 12% du maïs et 20% de l’orge. Rappelons que maïs et orge sont aussi deux céréales très utilisée en autoconsommation par les éleveurs directement sur leurs fermes.
D’autres outils de transformation ont vu le jour récemment à la périphérie de la région en lien avec le développement du bio. Par exemple, en 2012 l’outil Soja press, dans le Lot et Garonne dédié à la trituration du soja bio et non OGM.