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Un marché blé dur atone et une fin de commercialisation difficile en 2019

Des prix qui ne décollent pas et un marché sous pression

La récolte de blé dur 2018 est estimée en nette baisse dans l’Union européenne. À 1,7 million s de tonnes, la production française se replierait de 15% sur un an conjuguant une baisse des surfaces à celle de rendements moyens, très hétérogènes : moyens dans le Centre de la France, inférieurs à la moyenne quinquennale dans le Sud du pays.
A contrario, le Statistique Canada (organisme public canadien de la statistique) estime la récolte nationale en hausse de 15%, atteignant 5,71 millions de tonnes. Les volumes record du Canada associés à un niveau de stocks élevés dans les grands pays opérateurs contribuent à alimenter la pression à la baisse sur les prix du blé dur, déjà entretenue par une demande mondiale atone.

Une demande faible et une érosion des exportations

 Le marché mondial du blé dur est dominé par le Canada, premier exportateur mondial. Il occupe une place prépondérante dans l’approvisionnement extérieur de l’UE et de l’Italie et crée une concurrence vive sur les marchés à l’export. Par ailleurs, la demande de blé dur des pays du Maghreb traditionnellement forte, reste à un niveau faible à cause de la bonne récolte réalisée en 2018.
Dans ce contexte, l’érosion des exportations françaises se poursuit pour la 4eme année consécutive passant désormais sous le seuil des 1 million de tonnes exportées en liaison avec la faiblesse de la récolte.

Une dynamique régionale de commercialisation sauvegardée

Le manque de qualité (poids spécifiques inférieur à 74 kg/hl) enregistrée particulièrement sur les blés durs du Sud de la France, associé au manque de volumes disponibles pénalisent la compétitivité des blés durs français à l’exportation. La région Occitanie valorise sa position géostratégique vis-à-vis du Maghreb avec Port-la-Nouvelle, premier port français pour le blé dur. Au 1er mars 2019, avec 27 500 tonnes le niveau des stocks en dépôts est en retrait de 50% par rapport 1er mars 2018, contre 17% au niveau national. Toutefois ce faible niveau de stocks et des dépôts est aussi lié à la mauvaise récolte 2018 et à la vente de blé durs déclassés en alimentation animale.

mais des surfaces emblavées encore en baisse

Dans ce contexte de marché déséquilibré et de tension sur les prix, les producteurs français sont peu enclins à la production de blé dur. Pour la nouvelle campagne de commercialisation 2018/2019, les surfaces de blé du seraient en recul en Occitanie comme au niveau national. Pour la région, la baisse est estimée à 13% et se situe dans la moyenne des baisses enregistrées pour les autres régions françaises.