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Blé dur : un marché très concurrentiel

Les disponibilités abondantes de blé dur au niveau mondial pèsent sur la remontée des cours. La campagne de commercialisation en cours se déroule sans entrain dans un marché très concurrentiel. Des baisses de surfaces sont annoncées. Dans ce contexte, la filière régionale s’organise pour préserver ses atouts et son potentiel de production.

Un marché déséquilibré par une offre mondiale abondante
En 2017, la production française de blé dur est repartie à la hausse (+ 28 % par rapport à 2016) soit 2,1 Mt grâce à de bons rendements qui compensent le recul des surfaces estimé à 5 % par rapport 2016. Cette bonne récolte arrive dans un contexte de redressement de l’offre mondiale depuis deux campagnes. Avec 36,6 Mt la production mondiale 2017 reste à un niveau élevé, malgré des conditions climatiques sèches défavorables à la production dans les deux pays leaders, le Canada et l’Italie. Les stocks mondiaux baissent à 8 Mt mais le niveau de disponibilités reste supérieur aux besoins des industriels estimés à 37,7 Mt.

Des prix qui ne décollent pas et un marché à l’export sans entrain
Avec le retour à la normale de la production, la France conforte sa place de 2ème producteur européen derrière l’Italie. D’après les prévisions de FranceAgriMer elle pourrait exporter près d’1,3 Mt vers l’Union européenne et 0,4 Mt vers les pays tiers. Néanmoins, l’offre canadienne reste conséquente et d’excellente qualité. Le Canada, 1er exportateur mondial, exporte la quasi totalité de sa production et les volumes devraient progresser sensiblement pour atteindre d’après le CIC 4,6 Mt durant la campagne 2017-2018.
L’offre abondante de blé dur continue de peser sur les prix. En moyenne de janvier à mai 2017, le blé dur rendu Port-La-Nouvelle cotait 212 €/t, contre 242 €/t en 2016 sur la même période et 320 €/t en 2015. Par ailleurs, l’euro s’affiche toujours en hausse de 16 % en février 2018 par rapport à sa valeur de février 2017. Le blé dur de la zone euro n’est pas compétitif à l’export et cette situation entraine du retard dans les volumes exportés par rapport à la campagne passée. Au 1er février 2018, les stocks en dépôt atteignent 251 970 tonnes, soit 42 % de plus qu’au 1er février 2017.
Dans cette situation, le stock final sur le marché français estimée à 382 00 tonnes (données provisoires) augmenterait de 39,4 % par rapport à la campagne passée.

Les atouts et la mobilisation de la filière régionale
Pour la campagne 2017-2018, les surfaces mondiales de blé dur baisseraient, toutefois, sauf incident climatique dans les zones majeures de production, les récoltes et les stocks se maintiendraient à un niveau élevé. Par ailleurs la production au Maghreb et en Turquie augmenterait sous l’influence d’une hausse des surfaces. Les surfaces baisseraient de 1,5 % en France, mais resterait au dessus de la moyenne quinquennale (2013-2017). Les plus fortes baisses seraient enregistrées en région Centre, Pays de Loire et dans les départements méditerranéens. En Occitanie, 1ere région pour le blé dur, les surfaces baisseraient comme au niveau national. La région cherche à conforter son potentiel de production au travers du plan de relance pour le blé dur et valoriser sa position géostratégique vis-à-vis du Maghreb avec ses deux ports (Sète et Port-la-Nouvelle). L’ouverture sur la Méditerranée est une opportunité pour la production régionale de blé dur, reconnue pour sa qualité par les pays du Maghreb, gros consommateurs de semoule. Dans le cadre du plan filière, des travaux spécifiques pour la filière blé dur sont inclus.